Intervention · Hanche

Dysplasie de la hanche de l'adulte

Anomalie de forme dans laquelle le cotyle est trop peu couvrant, laissant la tête fémorale mal contenue. Séquelle fréquente d'une dysplasie de l'enfance passée inaperçue, elle touche surtout les femmes jeunes et représente la première cause de coxarthrose avant 50 ans. La stratégie dépend de l'âge et de l'état du cartilage : chirurgie conservatrice de réorientation chez le sujet jeune, prothèse adaptée en cas d'arthrose constituée.

Fiche intervention
Pathologie
Dysplasie acétabulaire de l'adulte
Terrain
Femmes jeunes de 20 à 45 ans, terrain familial
Risque évolutif
Première cause de coxarthrose avant 50 ans
Mesures clés
Angle VCE de Wiberg inférieur à 20-25°, HTE supérieur à 10°
Imagerie
Bassin en charge, faux profil de Lequesne, arthro-IRM
Cartilage préservé
Ostéotomie péri-acétabulaire (centre expert) ou butée
Arthrose constituée
Prothèse totale de hanche adaptée
Bilatéralité
Fréquente, souvent asymétrique
01 Anatomie & pathologie

Un toit trop court

Dans une hanche normale, le cotyle couvre largement la tête fémorale et répartit les charges sur une grande surface. Dans la dysplasie, le toit du cotyle est insuffisant et oblique : la surface portante se réduit, les contraintes se concentrent sur le rebord, le labrum est surchargé — il s'hypertrophie, se fissure, se désinsère — et le cartilage du rebord s'use prématurément. La tête peut migrer progressivement vers le haut et le dehors.

D'où vient-elle ?

  • Séquelle de dysplasie développementale de l'enfance
  • Terrain familial net, prédominance féminine de 80 %
  • Souvent bilatérale, de façon asymétrique
  • Formes frontières fréquentes, parfois avec hyperlaxité

Les symptômes

  • Douleur de l'aine à l'effort et en fin de journée
  • Fatigabilité de la hanche, sensation d'instabilité
  • Claquements signant la souffrance du labrum
  • Boiterie d'effort, aggravation par la course et les charges

Les mesures radiographiques

  • Angle VCE de Wiberg inférieur à 20-25°
  • Angle HTE, obliquité du toit, supérieur à 10°
  • Couverture antérieure au faux profil de Lequesne
  • Recherche de rupture du cintre et de subluxation

Piège classique : chez une femme jeune, une douleur d'aine avec claquements évoque un conflit ou une simple tendinite. Mesurer la couverture est indispensable — traiter un labrum par arthroscopie sans corriger une dysplasie sous-jacente aggrave l'instabilité.

02 Stratégie thérapeutique

Selon l'âge et l'état du cartilage

Trois situations, trois réponses. Dans les formes peu symptomatiques et les dysplasies limites, le traitement médical suffit souvent : adaptation des activités en privilégiant vélo et natation, kinésithérapie de renforcement des stabilisateurs — moyen fessier et gainage —, contrôle du poids, antalgiques ponctuels et surveillance clinique et radiographique.

Ostéotomie péri-acétabulaire

La référence chez le sujet jeune à cartilage préservé : le cotyle est découpé et réorienté en un bloc, puis fixé par vis. Elle restaure une couverture normale, avec une survie de la hanche native de 70 à 80 % à 15-20 ans quand le cartilage est sain. Chirurgie majeure et très spécialisée.

Butée acétabulaire

Un greffon osseux est vissé au rebord du cotyle pour agrandir la couverture. Les indications sont sélectionnées : formes modérées, alternative à l'ostéotomie péri-acétabulaire. Des gestes associés — traitement du labrum, correction fémorale — peuvent être réalisés.

Prothèse sur dysplasie

Quand le cartilage est détruit, la prothèse offre d'excellents résultats, avec des spécificités techniques anticipées : cotyle petit et déficient nécessitant des cupules adaptées et parfois une greffe du toit, antéversions anormales, canal fémoral étroit, correction d'un raccourcissement.

Le Dr Moussadjy adresse les indications d'ostéotomie péri-acétabulaire aux centres experts en chirurgie conservatrice de hanche avec lesquels il collabore — dossier préparé, suivi conjoint — et réalise lui-même la chirurgie prothétique adaptée à la dysplasie.

03 Le parcours

Diagnostiquer, orienter, traiter

La consultation diagnostique associe examen clinique, mesures radiographiques des angles VCE et HTE, et arthro-IRM. Elle permet de cartographier la situation : degré de dysplasie, état du labrum et du cartilage, âge et projets — sport, grossesses.

Dysplasie limite peu symptomatique

Traitement médical et surveillance : renforcement des stabilisateurs, adaptation des activités, contrôle radiographique périodique. La hanche dysplasique se surveille dans la durée, des deux côtés.

Sujet jeune, cartilage sain

Présentation du dossier en centre expert pour une ostéotomie péri-acétabulaire, avec suivi conjoint. C'est la meilleure prévention connue de l'arthrose sur dysplasie, à condition d'intervenir avant les lésions cartilagineuses.

Arthrose constituée

Prothèse totale de hanche réalisée par le Dr Moussadjy, avec une voie d'abord et des implants adaptés à la dysplasie, une planification renforcée par scanner et l'anticipation d'une éventuelle greffe du toit.

Ce qu'il ne faut pas faire : une arthroscopie isolée du labrum sur dysplasie vraie. Elle retire un stabilisateur sans corriger la cause, ce qui aggrave l'instabilité et l'usure. Le labrum se traite avec — ou après — la correction de la couverture.

Mesure de la couverture acétabulaire sur radiographie du bassin — diagnostic de dysplasie
04 Au quotidien

Vivre avec une dysplasie

Ce qui protège

  • Renforcement régulier des fessiers et du gainage
  • Vélo et natation comme sports de fond
  • Contrôle du poids, chaussures amortissantes
  • Surveillance radiographique périodique

Ce qui demande prudence

  • Course sur route et sports d'impact, à modérer
  • Port de charges répété
  • Stations debout prolongées
  • Grossesse : possible et bien tolérée, à signaler

Consultez rapidement en cas d'aggravation nette des douleurs ou d'une boiterie nouvelle : une décompensation labrale ou un passage à l'arthrose se traite d'autant mieux qu'il est vu tôt.

05 Résultats

Pronostic

Chirurgie conservatrice

L'ostéotomie péri-acétabulaire sur cartilage sain améliore la douleur dans 80 à 90 % des cas, avec une survie de la hanche native de 70 à 80 % à 15-20 ans. C'est la meilleure prévention connue de l'arthrose sur dysplasie.

Prothèse sur dysplasie

Les résultats fonctionnels sont excellents, comparables à la prothèse standard une fois les spécificités techniques gérées. Chez ces patientes souvent jeunes, la longévité est optimisée par les couples céramique.

Sans traitement

L'histoire naturelle d'une dysplasie vraie symptomatique est l'usure progressive, à un rythme variable selon la sévérité. La surveillance permet de choisir le bon geste au bon moment.

Les résultats de l'ostéotomie sont nettement moindres si l'arthrose a déjà débuté au moment de l'intervention — d'où tout l'enjeu du diagnostic précoce chez la femme jeune qui souffre de l'aine.

Documents à télécharger

Préparer votre intervention.

Fiche d'information, consentement éclairé et checklist pré-opératoire à télécharger avant votre rendez-vous.

Vos questions

Questions fréquentes — dysplasie de hanche.

01On m'a découvert une dysplasie à 30 ans : comment est-ce possible ?

Les formes modérées échappent souvent au dépistage du nourrisson et restent silencieuses tant que la hanche compense. Elles se révèlent à l'âge adulte — douleur d'aine d'effort, claquements —, souvent chez une femme jeune, parfois à l'occasion d'une reprise sportive ou d'une grossesse. Les mesures radiographiques, dont l'angle de Wiberg, font le diagnostic.

02Vais-je forcément développer de l'arthrose ?

Le risque est réel — la dysplasie est la première cause de coxarthrose avant 50 ans — mais ni certain ni inéluctable : il dépend de la sévérité et des contraintes. Le renforcement musculaire, l'adaptation des activités et, dans les dysplasies vraies du sujet jeune, la chirurgie de réorientation modifient favorablement cette histoire naturelle.

03Qu'est-ce que l'ostéotomie péri-acétabulaire ?

C'est la chirurgie conservatrice de référence : le cotyle est découpé autour de l'articulation puis réorienté pour couvrir correctement la tête, et fixé par vis. Réalisée sur cartilage sain, elle soulage durablement et protège la hanche de l'arthrose, avec 70 à 80 % de hanches natives conservées à 15-20 ans. C'est une chirurgie très spécialisée : le Dr Moussadjy prépare le dossier et vous adresse à un centre expert, avec suivi conjoint.

04Pourquoi ne pas simplement traiter mon labrum sous arthroscopie ?

Parce que sur une dysplasie vraie, le labrum abîmé est la conséquence de la surcharge, et il participe à la stabilité d'une hanche déjà mal couverte : le traiter isolément aggrave l'instabilité et accélère l'usure. La règle est de corriger la couverture d'abord — ou en même temps —, le labrum ensuite.

05Mon cas relève-t-il de la prothèse ?

Si le cartilage est détruit, oui — et la prothèse sur dysplasie, bien planifiée avec des implants adaptés et parfois une greffe du toit, donne d'excellents résultats, y compris chez le sujet jeune. Si le cartilage est préservé, la chirurgie conservatrice se discute d'abord : c'est tout l'enjeu du bilan par arthro-IRM.

06La dysplasie est-elle héréditaire ? Mes enfants sont-ils concernés ?

Il existe un net terrain familial. Le dépistage du nourrisson, par examen clinique et échographie de hanches, est systématique en France et particulièrement attentif en cas d'antécédent familial — signalez votre dysplasie au pédiatre de vos enfants.

07Puis-je faire du sport avec une dysplasie ?

Oui, en privilégiant les sports portés : vélo, natation, elliptique, renforcement des fessiers et du gainage. La course sur route, les sports d'impact et le port de charges répété se modèrent selon les symptômes. Le renforcement musculaire est le meilleur toit que l'on puisse ajouter à une hanche mal couverte.

08Combien coûte la prise en charge ?

Consultations, imagerie et chirurgies — ostéotomie comme prothèse — sont remboursées par la Sécurité sociale et la mutuelle. Le Dr Moussadjy exerce en OPTAM-CO secteur 2, ce qui limite les dépassements d'honoraires.

Consultations

2 cabinets en Île-de-France.

Clinique Saint-Faron

Mareuil-lès-Meaux (77)

1143 rue Charles de Gaulle, 77100 Mareuil-lès-Meaux

Villes desservies

Meaux, Chelles, Lagny-sur-Marne, Coulommiers, Trilport, Esbly

Clinique Paris-Lilas

Les Lilas (93)

41 Avenue du Maréchal Juin, 93260 Les Lilas

Villes desservies

Romainville, Bagnolet, Pantin, Paris 19ᵉ-20ᵉ, Montreuil, Noisy-le-Sec

Pour aller plus loin

Interventions & articles liés.

Prenez rendez-vous
dans l'un des deux cabinets.

Consultation disponible à Mareuil-lès-Meaux et aux Lilas.
Prise en charge secteur 2 OPTAM-CO. Consultation bilingue FR / EN.

SMS / WhatsApp urgences LCA : 07 49 06 91 52