Resurfaçage de hanche
Chirurgie prothétique conservatrice de l'os fémoral, indiquée chez le patient jeune et actif — homme de moins de 55-60 ans, sportif. Au lieu de remplacer toute la tête fémorale par une tige et une bille, le resurfaçage la recouvre d'une coque métallique. Bénéfices : préservation du capital osseux, stabilité maximale et reprise sportive plus intensive. Indications strictes et suivi métallique renforcé.
- Type
- Chirurgie prothétique conservatrice
- Voie d'abord
- Postérieure ou postéro-latérale (12 à 15 cm)
- Anesthésie
- Rachianesthésie + bloc nerveux
- Durée
- 90 à 120 minutes
- Hospitalisation
- 2 à 4 nuits
- Cannes
- 4 à 6 semaines
- Conduite
- 6 à 8 semaines
- Travail sédentaire
- 6 à 8 semaines
- Sport
- 4 à 6 mois (impact et pivot : 6 à 9 mois)
- Suivi spécifique
- Ionogramme métaux annuel
Recouvrir la tête fémorale au lieu de la retirer
Le resurfaçage préserve la tête fémorale native en la recouvrant d'une coque métallique, comme une coiffe sur un œuf. Côté bassin, une cupule métallique est fixée dans l'acétabulum ; côté fémur, la tête native est usinée puis resurfacée. Aucune tige n'est insérée dans le canal médullaire : c'est une chirurgie d'épargne, qui conserve la géométrie native de la hanche et préserve l'os pour d'éventuelles reprises futures.
| Critère | Resurfaçage | Prothèse totale |
|---|---|---|
| Tête fémorale native | Préservée, recouverte | Retirée |
| Col fémoral | Préservé | Coupé |
| Tige fémorale | Absente | Présente |
| Capital osseux | Maximal | Réduit |
| Reprise ultérieure | Facile (conversion) | Plus complexe |
| Sport intensif | Meilleur | Limité |
| Différence de longueur | Rare | Possible |
Le resurfaçage a connu un essor important dans les années 2000-2010, avec la prothèse de Birmingham comme emblème. Des problèmes liés au couple métal-métal — usure, débris métalliques, pseudotumeurs, ostéolyse — ont conduit à réévaluer les indications : restriction chez la femme, chez les patients insuffisants rénaux, et suivi renforcé. Il reste indiqué aujourd'hui dans des cas très sélectionnés, avec des implants de dernière génération.
Une sélection rigoureuse, patient par patient
Le patient type est un homme de moins de 55-60 ans, sportif régulier, avec une tête fémorale de bonne qualité et de taille suffisante, une fonction rénale normale et aucune allergie aux métaux. C'est cette sélection stricte qui fait la qualité des résultats.
Indications
Homme jeune de moins de 55-60 ans, coxarthrose débutante à modérée ou nécrose limitée de la tête fémorale, sportif avec un projet de reprise intensive, anatomie osseuse favorable, fonction rénale normale et patient informé du suivi requis.
Contre-indications
Femme en règle générale, ostéoporose ou os de mauvaise qualité, nécrose étendue, dysplasie sévère, insuffisance rénale, allergie au chrome ou au cobalt, tête fémorale de petite taille, patient âgé ou sédentaire — pour lequel la prothèse classique est préférable.
Les examens
Radiographies du bassin en charge et de hanche, téléradiographies, scanner ou IRM pour évaluer précisément la qualité osseuse de la tête, planification 3D. Bilan biologique avec fonction rénale impérative et ionogramme métaux de base pour référence.
Aujourd'hui, la prothèse par voie antérieure offre des avantages proches du resurfaçage pour la plupart des patients : récupération rapide, faible risque de luxation, retour aux activités quasi normales. Le resurfaçage garde sa place chez le sportif de haut niveau, le patient très jeune et les cas où la préservation osseuse maximale est prioritaire.
Usiner la tête, poser la coque
L'intervention se déroule sous anesthésie locorégionale, en décubitus latéral ou dorsal selon la voie. Une incision postérieure ou postéro-latérale de 12 à 15 cm donne accès à l'articulation ; contrairement à la voie antérieure, elle impose une section partielle du grand fessier et des rotateurs.
Après capsulotomie et luxation de la tête, l'acétabulum est fraisé progressivement puis la cupule métallique impactée. La tête fémorale native est ensuite usinée avec précision — préservation maximale de l'os —, forée pour la tige de centrage, nettoyée, puis la coque métallique est scellée au ciment chirurgical. Suivent la réduction, le contrôle de la stabilité et la fermeture par plans.
Les implants
Côté bassin, une cupule métallique monobloc en chrome-cobalt, sans insert en polyéthylène : le contact est métal-métal. Côté fémur, une coque en chrome-cobalt recouvrant la tête usinée, avec une petite tige de centrage traversant le col.
La fixation
La cupule acétabulaire est impactée sans ciment, par press-fit et repousse osseuse. Le composant fémoral est le plus souvent cimenté sur la tête fémorale préparée.
Le suivi métallique
En raison du couple métal-métal : ionogramme sanguin chrome et cobalt à 6 mois, 1 an puis annuellement, radiographies régulières, IRM ou échographie en cas de suspicion de pseudotumeur, consultation annuelle.
Plus progressive, mais plus permissive au final
La voie postérieure impose des restrictions posturales pendant 6 à 8 semaines : éviter la flexion au-delà de 90°, le croisement de jambes et la rotation interne forcée. L'appui complet est en revanche autorisé rapidement, avec deux cannes anglaises les premières semaines et une anticoagulation de 4 à 6 semaines.
| Période | Activités possibles | Précautions |
|---|---|---|
| J0-S2 | Repos, marche aux cannes | Restrictions posturales, anticoagulation |
| S2-S6 | Marche progressive, kinésithérapie, autonomie | Pas de mouvements extrêmes |
| S6-M3 | Abandon des cannes, activités normales | Reprise progressive |
| M3-M6 | Vélo, natation, marche soutenue | Pas encore de course |
| M6-M9 | Reprise sportive progressive adaptée | Selon évaluation |
| M9+ | Sports intensifs possibles | Autorisation médicale |
Le grand avantage du resurfaçage apparaît au-delà de M6-M9 : la reprise de sports plus intensifs qu'après une prothèse classique — vélo, natation, ski alpin, golf, tennis, randonnée et même course à pied modérée. Les sports pivot restent discutés au cas par cas. Cette liberté sportive est le principal argument de la technique.
Pronostic et complications spécifiques
Chez les patients bien sélectionnés, la satisfaction atteint 90 à 95 % à un an, avec une récupération satisfaisante de la mobilité et un retour aux activités sportives dans la grande majorité des cas. Les registres internationaux donnent 90 % de resurfaçages fonctionnels à 10 ans et 80 % à 15 ans — avec des résultats moins bons chez la femme, ce qui explique la restriction actuelle.
Facteurs favorables
Sélection rigoureuse — homme jeune, os de qualité —, taille de tête fémorale suffisante, chirurgien expérimenté, suivi médical rigoureux et bonne compliance à la rééducation.
Complications spécifiques
Pseudotumeurs et réactions inflammatoires locales, ostéolyse péri-prothétique, élévation des taux sanguins de chrome et de cobalt, fracture du col fémoral post-opératoire dans 1 à 2 % des cas.
La reprise reste facile
Si le resurfaçage doit être repris — usure ou complication —, la conversion en prothèse totale classique est aisée grâce à la préservation osseuse. C'est l'un des grands avantages de cette technique : elle ne compromet pas les options futures.
| Sport | Prothèse totale | Resurfaçage |
|---|---|---|
| Marche, natation | Sans restriction | Sans restriction |
| Vélo, golf, ski de piste | Autorisé | Autorisé |
| Tennis | Modéré | Autorisé |
| Course à pied | Déconseillée | Modérée possible |
| Sports pivot (football) | Déconseillés | Au cas par cas |
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Questions fréquentes — resurfaçage.
01Suis-je un bon candidat pour le resurfaçage ?
Les critères sont précis : homme de moins de 55-60 ans, sportif actif, anatomie osseuse favorable avec une tête fémorale de taille suffisante, fonction rénale normale et absence d'allergie aux métaux. L'évaluation se fait en consultation, par l'examen clinique et une imagerie détaillée.
02Pourquoi le resurfaçage n'est-il plus proposé aux femmes ?
Les études montrent de moins bons résultats chez la femme : un bassin plus étroit impose des tailles d'implants plus petites et moins performantes, avec des taux d'échec plus élevés et un risque accru de complications métal-métal. La question d'un désir de grossesse entre également en compte. La prothèse par voie antérieure est aujourd'hui préférée chez la femme jeune.
03Pourrai-je vraiment refaire du sport intensif ?
Oui, c'est le grand avantage du resurfaçage. Chez les patients bien sélectionnés, la course à pied modérée est autorisée — contrairement à la prothèse classique —, et le ski alpin, le tennis et le vélo se reprennent au niveau antérieur. Les sports pivot se discutent au cas par cas, avec prudence.
04Pourquoi le suivi médical est-il si strict ?
Le couple métal-métal libère des ions chrome et cobalt, qui peuvent élever les taux sanguins, créer des réactions locales — pseudotumeurs, ostéolyse — et nécessiter une reprise chirurgicale. Le suivi renforcé, avec ionogramme métaux annuel, radiographies et IRM si besoin, permet de détecter précocement ces complications.
05Quelle est la durée de vie d'un resurfaçage ?
Les registres internationaux donnent 90 % de resurfaçages fonctionnels à 10 ans et 80 % à 15 ans chez les patients bien sélectionnés. Ces résultats sont légèrement inférieurs à ceux des prothèses modernes chez les mêmes patients, mais le resurfaçage offre en contrepartie la préservation osseuse et la reprise sportive.
06Que se passe-t-il si le resurfaçage ne fonctionne plus ?
La conversion en prothèse totale classique est aisée grâce à la préservation du col fémoral. C'est l'un des grands avantages de la technique : contrairement à d'autres chirurgies, le resurfaçage ne compromet pas les options futures.
07Faut-il choisir entre prothèse par voie antérieure et resurfaçage ?
Les deux options conviennent aux patients jeunes actifs, avec des profils différents. La voie antérieure s'adresse à tous les profils, offre une récupération plus rapide et des restrictions sportives modérées. Le resurfaçage est réservé aux hommes jeunes sportifs, autorise une reprise sportive intensive et une préservation osseuse maximale, au prix d'un suivi renforcé.
08La cicatrice est-elle plus grande ?
Oui : 12 à 15 cm sur la face latérale de la hanche, comparable à une prothèse par voie postérieure classique, contre 8 à 10 cm pour la voie antérieure. C'est le compromis nécessaire pour accéder correctement à la tête fémorale que l'on souhaite conserver.
09Combien coûte l'intervention ?
L'intervention est intégralement remboursée par la Sécurité sociale et la mutuelle. Le Dr Moussadjy exerce en OPTAM-CO secteur 2, ce qui limite les dépassements d'honoraires. Un devis détaillé est remis en consultation pré-opératoire.
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