Intervention · Hanche

Arthrose de la hanche (coxarthrose)

Usure progressive du cartilage de la hanche, la coxarthrose touche environ 10 % des plus de 65 ans. Elle se manifeste par une douleur de l'aine, une raideur au chaussage et un périmètre de marche qui se réduit. La prise en charge est graduée : traitement médical, kinésithérapie et infiltrations écho-guidées d'abord ; prothèse totale de hanche — voie antérieure mini-invasive privilégiée — au stade avancé.

Fiche intervention
Pathologie
Coxarthrose (arthrose de la hanche)
Prévalence
Environ 10 % des plus de 65 ans
Symptôme clé
Douleur de l'aine à la marche, raideur au chaussage
Diagnostic
Radiographies du bassin en charge et faux profil de Lequesne
1ʳᵉ intention
Activité adaptée, perte de poids, kinésithérapie, infiltrations
Chirurgie de référence
Prothèse totale de hanche, voie antérieure AMIS
Alternative sélective
Resurfaçage (homme jeune et sportif)
Récupération après PTH
2 à 3 mois
01 Anatomie & pathologie

Une articulation portante, sollicitée à chaque pas

La hanche est une articulation sphérique entre la tête fémorale et l'acétabulum du bassin, recouverts de cartilage et stabilisés par le labrum, la capsule et de puissants muscles. Elle supporte plusieurs fois le poids du corps à chaque pas. Dans la coxarthrose, le cartilage s'amincit puis disparaît par endroits : pincement de l'interligne, ostéophytes, géodes — et douleur mécanique croissante.

Primitive ou secondaire

  • Primitive (environ 50 %) — liée à l'âge, sans cause identifiée
  • Dysplasie de hanche — première cause avant 50 ans
  • Conflit fémoro-acétabulaire du sujet jeune et sportif
  • Ostéonécrose, séquelles de fracture, rhumatismes inflammatoires

Les symptômes

  • Douleur de l'aine, irradiant vers la cuisse et parfois le genou
  • Douleur mécanique : à la marche, au lever de chaise, calmée par le repos
  • Raideur : chaussettes, chaussures, sortie de voiture difficiles
  • Boiterie, périmètre de marche réduit, douleurs nocturnes tardives

Le diagnostic

  • Limitation de la rotation interne — le premier signe clinique
  • Radiographies du bassin en charge, hanche de face et faux profil
  • IRM seulement en cas de doute (ostéonécrose débutante)
  • Le stade radiologique ne décide pas seul : le retentissement compte

Piège classique : une douleur isolée du genou peut venir de la hanche, par douleur projetée le long du nerf obturateur. Tout genou douloureux à radiographies normales impose l'examen de la hanche.

02 Traitement médical

Soulager et retarder l'échéance

Le traitement médical est la première intention et soulage durablement de nombreux patients. Il repose sur trois piliers : alléger les contraintes, entretenir la mobilité et contrôler la douleur. Le mouvement nourrit le cartilage restant — le repos total aggrave.

Les mesures fondamentales

Perte de poids — chaque kilo perdu réduit significativement les contraintes. Activité physique adaptée : vélo, natation, aquagym, marche modérée ; on évite la course et les impacts. Canne du côté opposé lors des poussées ou des longues marches.

Kinésithérapie

Entretien des amplitudes et lutte contre le flessum, renforcement des fessiers et du quadriceps, travail de la marche et auto-exercices quotidiens à domicile — c'est la régularité qui fait le résultat.

Médicaments et infiltrations

Paracétamol, anti-inflammatoires en cures courtes, antalgiques de palier 2 ponctuels. Infiltrations intra-articulaires sous guidage radiologique ou échographique — la hanche est profonde : corticoïdes lors des poussées, acide hyaluronique ou PRP discutés aux stades débutants.

Quand parler chirurgie ? Après 6 à 12 mois de traitement bien conduit, si persistent des douleurs quotidiennes voire nocturnes, un périmètre de marche effondré et une raideur invalidante. Le bon moment n'est ni trop tôt — la prothèse a une durée de vie finie — ni trop tard : fonte musculaire et raideur donnent de moins bons résultats.

03 Solutions chirurgicales

La prothèse, et pour qui le resurfaçage

La prothèse totale de hanche remplace la tête fémorale et resurface le cotyle. C'est l'une des interventions les plus efficaces de toute la chirurgie — surnommée l'opération du siècle : plus de 95 % de patients soulagés, marche illimitée, durée de vie de 15 à 25 ans.

Prothèse totale de hanche

Le traitement de référence. Le Dr Moussadjy privilégie la voie antérieure mini-invasive AMIS : passage entre les muscles sans section, récupération accélérée, quasi aucune restriction de position et un risque de luxation inférieur à 1 %.

Resurfaçage

Chez l'homme de moins de 55-60 ans, sportif, avec une anatomie favorable, le resurfaçage conserve la tête fémorale et autorise une reprise sportive plus intensive — au prix d'indications strictes et d'un suivi spécifique.

Traiter la cause chez le jeune

Aux stades pré-arthrosiques du sujet jeune, corriger la cause freine l'évolution : arthroscopie pour un conflit fémoro-acétabulaire, ostéotomie de réorientation pour une dysplasie, forage pour une ostéonécrose débutante.

Après prothèse — délais de reprise
J0-J2
Lever et appui complet dès le lendemain
S2-S4
Sevrage des cannes, marche autonome
M2-M3
Conduite, activités du quotidien, récupération usuelle
M3-M6
Vélo, natation, randonnée, golf

D'où l'importance de consulter tôt en cas de douleur de hanche avant 50 ans : une cause corrigeable se traite d'autant mieux que le cartilage est encore sain.

Analyse des radiographies de hanche en consultation — évaluation du stade de la coxarthrose
04 Au quotidien

Vivre avec une coxarthrose

Ce qui aide

  • Bouger chaque jour — le vélo en tête, la hanche adore le pédalage
  • Perdre du poids si nécessaire
  • Chausse-pied long, enfile-chaussettes, chaussures amortissantes
  • Siège et lit rehaussés, auto-exercices quotidiens

Ce qui aggrave

  • Port de charges lourdes répété
  • Stations debout prolongées
  • Course et impacts sur bitume
  • Repos total prolongé — la hanche s'enraidit

Poussées douloureuses : repos relatif, glaçage ou chaleur selon préférence, antalgiques sur une courte durée. Au-delà d'une à deux semaines, consultez — une infiltration guidée peut débloquer la situation.

05 Évolution

Que va devenir ma hanche ?

La coxarthrose évolue sur des années, souvent par poussées. À la différence du genou, elle progresse plus régulièrement vers l'aggravation — mais à un rythme très variable : certaines formes restent stables des années, les formes destructrices rapides sont rares.

Le message clé : la coxarthrose se gère très bien. Le traitement médical soulage durablement beaucoup de patients ; et quand la prothèse devient nécessaire, elle offre des résultats parmi les meilleurs de la chirurgie moderne — l'enjeu est de la poser au bon moment.

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Vos questions

Questions fréquentes — coxarthrose.

01Pourquoi ai-je mal au genou si c'est la hanche ?

Par douleur projetée : la hanche et le genou partagent des trajets nerveux, en particulier le nerf obturateur. Une coxarthrose peut donc se manifester par une douleur de cuisse ou de genou isolée. C'est un piège classique — d'où l'examen systématique de la hanche devant un genou douloureux à radiographies normales.

02L'arthrose de hanche peut-elle guérir ?

Le cartilage usé ne repousse pas, mais la maladie se gère efficacement : traitement médical d'abord, puis prothèse au bon moment — avec, pour la hanche, des résultats chirurgicaux exceptionnels : plus de 95 % de patients soulagés.

03Les infiltrations de hanche sont-elles possibles ?

Oui, mais la hanche étant profonde, elles se font sous guidage radiologique ou échographique. Corticoïdes lors des poussées ; acide hyaluronique ou PRP discutés aux stades débutants. Elles s'intègrent dans une stratégie globale et ne remplacent pas l'hygiène de vie.

04À quel moment faut-il se décider pour la prothèse ?

Quand le traitement médical bien conduit ne suffit plus : douleurs quotidiennes ou nocturnes, marche très limitée, chaussage difficile, vie sociale réduite. Attendre trop longtemps fait perdre du muscle et de la mobilité, et complique la récupération. La décision est partagée, jamais imposée.

05Je n'ai que 45 ans et déjà de l'arthrose : pourquoi ?

Avant 50 ans, la coxarthrose est le plus souvent secondaire : dysplasie, conflit fémoro-acétabulaire, ostéonécrose, séquelle traumatique. Identifier la cause est essentiel — certaines se traitent spécifiquement, par arthroscopie, ostéotomie ou forage, pour freiner l'évolution et retarder la prothèse.

06Prothèse ou resurfaçage : que choisir ?

La prothèse par voie antérieure convient à la grande majorité des patients : récupération rapide, quasi aucune restriction. Le resurfaçage est réservé à l'homme jeune très sportif avec une anatomie favorable, souhaitant une reprise sportive intensive — sélection stricte et suivi spécifique. Les deux options sont détaillées en consultation.

07Que dois-je apporter en consultation ?

Vos radiographies du bassin en charge et de hanche les plus récentes, ainsi que l'IRM si elle a été réalisée. Ce sont elles qui permettent d'évaluer le stade de l'arthrose, de rechercher une cause secondaire et de discuter la stratégie la mieux adaptée.

08Combien coûte la prise en charge ?

Consultations, imagerie et chirurgie sont remboursées par la Sécurité sociale et la mutuelle. Le Dr Moussadjy exerce en OPTAM-CO secteur 2, ce qui limite les dépassements d'honoraires. Un devis vous est remis en consultation.

Consultations

2 cabinets en Île-de-France.

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Mareuil-lès-Meaux (77)

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