Épaule Publié le 15/05/2026

Luxation de l’épaule : Bankart ou Latarjet ?

Luxation de l’épaule : Bankart ou Latarjet ?

L’essentiel à retenir

Après plusieurs luxations de l’épaule, une chirurgie de stabilisation devient nécessaire pour éviter les récidives et l’arthrose précoce. Deux techniques s’opposent : le Bankart arthroscopique (réparation des structures déchirées) et le Latarjet (butée osseuse). Le choix dépend de plusieurs critères : perte osseuse glénoïdienne, sport pratiqué, nombre de luxations, profil du patient. Le Bankart est mini-invasif avec une récupération plus longue (4-6 mois). Le Latarjet est plus solide mais avec une voie d’abord ouverte et une récupération de 3-4 mois.


Comprendre la luxation de l’épaule

Qu’est-ce qu’une luxation ?

L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain. Cette grande mobilité a un revers : elle est aussi la plus instable. Lors d’une luxation, la tête humérale sort complètement de sa cavité (la glène) et se positionne en avant (95% des cas) ou en arrière (5%).

Les conséquences anatomiques

Lors de la première luxation, plusieurs structures peuvent être lésées :

1. La lésion de Bankart

  • Déchirure du bourrelet glénoïdien (labrum)
  • Décollement du bord antérieur de la glène
  • Présente dans 90% des premières luxations
  • Cause principale des récidives

2. La lésion de Hill-Sachs

  • Encoche osseuse postérieure sur la tête humérale
  • Causée par l’impaction de l’humérus contre la glène lors de la luxation
  • Visible à la radiographie ou au scanner

3. La perte osseuse glénoïdienne

  • Avec les luxations répétées, le rebord osseux de la glène s’use
  • Quand cette perte dépasse 15-20%, la stabilité ne peut plus être obtenue par simple réparation des tissus mous
  • C’est un critère clé du choix chirurgical

Pourquoi récidive-t-elle ?

Une fois la première luxation survenue, le risque de récidive dépend principalement de l’âge :

Âge à la 1ère luxation Risque de récidive
< 20 ans 80-90%
20-30 ans 60-70%
30-40 ans 30-50%
> 40 ans 20% (mais plus de rupture de coiffe associée)

Plus le patient est jeune, plus le risque est élevé. C’est pourquoi la chirurgie est souvent proposée précocement chez les sportifs jeunes.

Quand opérer ?

Indications classiques :

  • 2 luxations ou plus
  • Sentiment d’instabilité chronique (appréhension dans certaines positions)
  • Sportifs jeunes pratiquant des sports à risque (contact, lancer)
  • Échec du traitement conservateur (rééducation)
  • Lésions anatomiques importantes sur l’imagerie

L’intervention de Bankart : la réparation arthroscopique

Principe

L’objectif est de réinsérer le bourrelet glénoïdien (labrum) détaché sur le rebord osseux de la glène, et de retendre les ligaments distendus. C’est une chirurgie mini-invasive réalisée sous arthroscopie.

Technique chirurgicale

Étapes :

  1. Installation, anesthésie (générale + bloc inter-scalénique)
  2. Création de 3-4 portails de 5 mm autour de l’épaule
  3. Bilan arthroscopique complet de l’articulation
  4. Avivage de la zone détachée
  5. Pose d’ancres dans l’os de la glène (3-4 ancres)
  6. Sutures des structures détachées (labrum, ligaments)
  7. Vérification finale, fermeture des portails

Durée : 60 à 90 minutes Anesthésie : générale avec bloc inter-scalénique Hospitalisation : ambulatoire ou 1 nuit

Avantages du Bankart

Mini-invasif (cicatrices millimétriques) ✅ Récupération de mobilité plus rapidePas de section musculaireRestauration de l’anatomie native de l’articulation ✅ Préservation possible si reprise nécessaireIndication large pour les sportifs amateurs

Limites et risques

Taux de récidive non négligeable (5-15% à 5 ans) ❌ Moins fiable en cas de perte osseuse glénoïdienne (> 15%) ❌ Moins indiqué pour les sports de contact intensifsNécessite des structures tissulaires de bonne qualité

Suites du Bankart

Immobilisation :

  • Écharpe ou attelle d’immobilisation : 4 à 6 semaines
  • Position en rotation neutre (pas en rotation interne forcée)

Rééducation :

  • Mobilisation passive précoce dès J7 (élévation, rotation externe limitée)
  • Mobilisation active à 6 semaines
  • Renforcement musculaire à 3 mois
  • Reprise des sports : à partir du 4e mois (sports doux)
  • Sports pivot/contact : 6 mois

L’intervention de Latarjet : la butée coracoïdienne

Principe

L’intervention de Latarjet (du nom du chirurgien français Michel Latarjet, 1954) consiste à transférer la coracoïde (extrémité osseuse de l’omoplate) avec son tendon conjoint (court chef du biceps + coraco-brachial) sur le rebord antérieur de la glène.

Double effet stabilisateur :

  1. Effet “verrou osseux” : reconstitution du rebord osseux manquant
  2. Effet “sangle musculaire” : le tendon conjoint forme une butée dynamique qui se tend lors des mouvements à risque

Technique chirurgicale

Voie d’abord : classiquement ouverte (5-7 cm), mais l’arthroscopie est possible chez certains chirurgiens expérimentés.

Étapes :

  1. Installation en position semi-assise
  2. Incision delto-pectorale de 5-7 cm
  3. Section et préparation de la coracoïde (avec son tendon conjoint)
  4. Exposition du rebord antérieur de la glène
  5. Fixation de la coracoïde sur la glène par 2 vis
  6. Reconstitution du capsule
  7. Fermeture par plans

Durée : 60 à 90 minutes Anesthésie : générale avec bloc inter-scalénique Hospitalisation : 1 à 2 nuits

Avantages du Latarjet

Stabilité maximale (récidive < 3%) ✅ Indication large : perte osseuse, sportifs de contact, échec de Bankart ✅ Effet “double verrou” osseux et musculaire ✅ Reprise plus rapide des sports (3-4 mois pour Latarjet vs 4-6 pour Bankart) ✅ Excellent pour sports pivot et contact

Limites et risques

Voie ouverte (cicatrice de 5-7 cm) ❌ Section musculaire du sous-scapulaire ❌ Risque neurologique (nerf musculo-cutané, axillaire) : très rare ❌ Risque d’arthrose à long terme légèrement augmenté ❌ Difficile à reprendre si problème ❌ Perte de quelques degrés de rotation externe souvent

Suites du Latarjet

Immobilisation :

  • Écharpe : 3 à 4 semaines
  • Pas d’attelle rigide

Rééducation :

  • Mobilisation passive précoce dès J7
  • Mobilisation active progressive dès 3-4 semaines
  • Renforcement à partir de 6 semaines
  • Reprise sport doux : 3 mois
  • Reprise sport pivot/contact : 4-5 mois

Bankart ou Latarjet : comment choisir ?

Le choix entre les deux techniques dépend de plusieurs critères, évalués lors de la consultation et complétés par un scanner de l’épaule avec reconstruction 3D.

Tableau de décision

Critère Plutôt Bankart Plutôt Latarjet
Perte osseuse glénoïdienne < 15% > 15-20%
Lésion Hill-Sachs Modérée Engagement important
Sport pratiqué Amateur, doux, sport individuel Contact, pivot, haut niveau
Nombre de luxations 2-3 > 3 ou récidives faciles
Échec de chirurgie précédente Non Oui (Bankart en échec)
Hyperlaxité Si modérée Si majeure
Activité professionnelle Sédentaire, gestes contrôlés Manuels, force importante
Âge < 25 ans (souvent Bankart) Variable

Cas typiques

Indication typique d’un Bankart :

  • Jeune homme de 25 ans, étudiant
  • 2 luxations en sport (tennis)
  • Pas de perte osseuse
  • Lésion typique du labrum
  • Sport amateur, niveau modéré

Indication typique d’un Latarjet :

  • Homme de 30 ans, rugbyman ou militaire
  • 4-5 luxations
  • Perte osseuse glénoïdienne de 20%
  • Sport de contact intensif
  • Ou échec de Bankart précédent

L’évaluation pré-opératoire

Examens nécessaires :

  • Radiographies (face, profil, profil de Bernageau) : recherche de perte osseuse, Hill-Sachs
  • Scanner avec reconstruction 3D : mesure précise de la perte osseuse glénoïdienne
  • IRM ou arthro-IRM : évaluation des structures molles (labrum, ligaments, coiffe)
  • Bilan musculaire complet en consultation

Cette évaluation permet de choisir la technique adaptée à chaque patient.


Le choix du Dr Moussadjy

Le Dr Moussadjy, membre de la SFA (Société Française d’Arthroscopie), pratique les deux techniques selon les indications. Son approche :

“La décision se prend toujours en concertation avec le patient, après une évaluation complète incluant scanner 3D et IRM. Pour les jeunes sportifs sans perte osseuse, je privilégie le Bankart arthroscopique, moins invasif et restaurant l’anatomie. Pour les sportifs de contact, les pertes osseuses ou les échecs de Bankart, le Latarjet offre une stabilité supérieure et un retour au sport plus rapide.”

L’objectif : adapter la technique au patient, et non l’inverse.


Comparaison de la récupération

Étape Bankart Latarjet
Hospitalisation Ambulatoire / 1 nuit 1-2 nuits
Immobilisation 4-6 semaines (attelle) 3-4 semaines (écharpe)
Conduite 6-8 semaines 4-6 semaines
Travail sédentaire 4 semaines 4 semaines
Travail manuel 3-4 mois 2-3 mois
Sport doux 4 mois 3 mois
Sport pivot/contact 6 mois 4-5 mois
Mobilité complète 3-4 mois 4-5 mois
Taux de récidive 5-15% < 3%

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une perte osseuse glénoïdienne ?

La perte osseuse ne se voit pas cliniquement. Elle se mesure sur un scanner avec reconstruction 3D de l’épaule, en quantifiant la diminution du diamètre antéro-postérieur de la glène par rapport à un côté sain. Un scanner pré-opératoire est systématique avant toute chirurgie de stabilisation.

Peut-on faire un Latarjet sous arthroscopie ?

Oui, la technique du Latarjet arthroscopique existe et tend à se développer. Elle nécessite une expertise chirurgicale spécifique. Les résultats sont comparables à la technique ouverte, avec une cicatrice plus discrète. La voie ouverte reste cependant la référence et la plus largement pratiquée.

Quel est le risque de récidive ?

  • Après Bankart arthroscopique : 5-15% à 5 ans, jusqu’à 30% chez les sportifs de contact
  • Après Latarjet : < 3% (technique la plus fiable)

Ces chiffres expliquent pourquoi le Latarjet est privilégié dans les situations à haut risque de récidive.

Pourrai-je faire à nouveau du sport au même niveau ?

Oui, pour la grande majorité des patients. Plus de 80% des sportifs retrouvent leur niveau antérieur après Latarjet. Pour le Bankart, les chiffres sont légèrement inférieurs (70%), notamment pour les sports de contact intensifs où le taux de récidive est plus élevé.

Que se passe-t-il si je ne fais pas opérer ?

Sans chirurgie, les luxations récidiveront probablement, avec à long terme :

  • Aggravation de la perte osseuse
  • Augmentation des lésions cartilagineuses
  • Risque d’arthrose précoce (omarthrose post-instabilité)
  • Difficulté à opérer plus tard (technique plus complexe)
  • Limitation des activités sportives et professionnelles

C’est pourquoi la chirurgie précoce, avant aggravation des lésions, est souvent recommandée.

L’opération est-elle douloureuse ?

Les premiers jours peuvent être inconfortables, mais la douleur est bien gérée par :

  • Anesthésie locorégionale (bloc inter-scalénique) qui anesthésie le bras pendant 12-24h
  • Antalgiques adaptés pendant 1-2 semaines
  • Glaçage régulier
  • Position de repos adaptée

La majorité des patients sont confortables dès la 2e semaine.


Conclusion

Face à des luxations récidivantes de l’épaule, deux techniques chirurgicales s’offrent à vous : Bankart (réparation arthroscopique) ou Latarjet (butée coracoïdienne). Chacune a ses indications spécifiques, ses avantages et ses limites.

Le choix se fait au cas par cas, après une évaluation complète incluant :

  • Examen clinique approfondi
  • Imagerie (scanner 3D, IRM)
  • Discussion avec le patient sur ses attentes et activités

Le Dr Moussadjy, expert en chirurgie de l’épaule, pratique les deux techniques selon les indications à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93).

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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Le Dr Abdealy-Sheeraz Moussadjy est chirurgien orthopédiste accrédité HAS, ancien chef de clinique APHP (Hôpital Avicenne), membre de la SOFCOT et de la SFA, exerçant à Mareuil-lès-Meaux (77) et aux Lilas (93). Cet article a une valeur informative et ne se substitue pas à une consultation médicale personnalisée.

Luxation de l’épaule : Bankart ou Latarjet ?

L’essentiel à retenir

Après plusieurs luxations de l’épaule, une chirurgie de stabilisation devient nécessaire pour éviter les récidives et l’arthrose précoce. Deux techniques s’opposent : le Bankart arthroscopique (réparation des structures déchirées) et le Latarjet (butée osseuse). Le choix dépend de plusieurs critères : perte osseuse glénoïdienne, sport pratiqué, nombre de luxations, profil du patient. Le Bankart est mini-invasif avec une récupération plus longue (4-6 mois). Le Latarjet est plus solide mais avec une voie d’abord ouverte et une récupération de 3-4 mois.


Comprendre la luxation de l’épaule

Qu’est-ce qu’une luxation ?

L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain. Cette grande mobilité a un revers : elle est aussi la plus instable. Lors d’une luxation, la tête humérale sort complètement de sa cavité (la glène) et se positionne en avant (95% des cas) ou en arrière (5%).

Les conséquences anatomiques

Lors de la première luxation, plusieurs structures peuvent être lésées :

1. La lésion de Bankart

  • Déchirure du bourrelet glénoïdien (labrum)
  • Décollement du bord antérieur de la glène
  • Présente dans 90% des premières luxations
  • Cause principale des récidives

2. La lésion de Hill-Sachs

  • Encoche osseuse postérieure sur la tête humérale
  • Causée par l’impaction de l’humérus contre la glène lors de la luxation
  • Visible à la radiographie ou au scanner

3. La perte osseuse glénoïdienne

  • Avec les luxations répétées, le rebord osseux de la glène s’use
  • Quand cette perte dépasse 15-20%, la stabilité ne peut plus être obtenue par simple réparation des tissus mous
  • C’est un critère clé du choix chirurgical

Pourquoi récidive-t-elle ?

Une fois la première luxation survenue, le risque de récidive dépend principalement de l’âge :

Âge à la 1ère luxation Risque de récidive
< 20 ans 80-90%
20-30 ans 60-70%
30-40 ans 30-50%
> 40 ans 20% (mais plus de rupture de coiffe associée)

Plus le patient est jeune, plus le risque est élevé. C’est pourquoi la chirurgie est souvent proposée précocement chez les sportifs jeunes.

Quand opérer ?

Indications classiques :

  • 2 luxations ou plus
  • Sentiment d’instabilité chronique (appréhension dans certaines positions)
  • Sportifs jeunes pratiquant des sports à risque (contact, lancer)
  • Échec du traitement conservateur (rééducation)
  • Lésions anatomiques importantes sur l’imagerie

L’intervention de Bankart : la réparation arthroscopique

Principe

L’objectif est de réinsérer le bourrelet glénoïdien (labrum) détaché sur le rebord osseux de la glène, et de retendre les ligaments distendus. C’est une chirurgie mini-invasive réalisée sous arthroscopie.

Technique chirurgicale

Étapes :

  1. Installation, anesthésie (générale + bloc inter-scalénique)
  2. Création de 3-4 portails de 5 mm autour de l’épaule
  3. Bilan arthroscopique complet de l’articulation
  4. Avivage de la zone détachée
  5. Pose d’ancres dans l’os de la glène (3-4 ancres)
  6. Sutures des structures détachées (labrum, ligaments)
  7. Vérification finale, fermeture des portails

Durée : 60 à 90 minutes Anesthésie : générale avec bloc inter-scalénique Hospitalisation : ambulatoire ou 1 nuit

Avantages du Bankart

Mini-invasif (cicatrices millimétriques) ✅ Récupération de mobilité plus rapidePas de section musculaireRestauration de l’anatomie native de l’articulation ✅ Préservation possible si reprise nécessaireIndication large pour les sportifs amateurs

Limites et risques

Taux de récidive non négligeable (5-15% à 5 ans) ❌ Moins fiable en cas de perte osseuse glénoïdienne (> 15%) ❌ Moins indiqué pour les sports de contact intensifsNécessite des structures tissulaires de bonne qualité

Suites du Bankart

Immobilisation :

  • Écharpe ou attelle d’immobilisation : 4 à 6 semaines
  • Position en rotation neutre (pas en rotation interne forcée)

Rééducation :

  • Mobilisation passive précoce dès J7 (élévation, rotation externe limitée)
  • Mobilisation active à 6 semaines
  • Renforcement musculaire à 3 mois
  • Reprise des sports : à partir du 4e mois (sports doux)
  • Sports pivot/contact : 6 mois

L’intervention de Latarjet : la butée coracoïdienne

Principe

L’intervention de Latarjet (du nom du chirurgien français Michel Latarjet, 1954) consiste à transférer la coracoïde (extrémité osseuse de l’omoplate) avec son tendon conjoint (court chef du biceps + coraco-brachial) sur le rebord antérieur de la glène.

Double effet stabilisateur :

  1. Effet “verrou osseux” : reconstitution du rebord osseux manquant
  2. Effet “sangle musculaire” : le tendon conjoint forme une butée dynamique qui se tend lors des mouvements à risque

Technique chirurgicale

Voie d’abord : classiquement ouverte (5-7 cm), mais l’arthroscopie est possible chez certains chirurgiens expérimentés.

Étapes :

  1. Installation en position semi-assise
  2. Incision delto-pectorale de 5-7 cm
  3. Section et préparation de la coracoïde (avec son tendon conjoint)
  4. Exposition du rebord antérieur de la glène
  5. Fixation de la coracoïde sur la glène par 2 vis
  6. Reconstitution du capsule
  7. Fermeture par plans

Durée : 60 à 90 minutes Anesthésie : générale avec bloc inter-scalénique Hospitalisation : 1 à 2 nuits

Avantages du Latarjet

Stabilité maximale (récidive < 3%) ✅ Indication large : perte osseuse, sportifs de contact, échec de Bankart ✅ Effet “double verrou” osseux et musculaire ✅ Reprise plus rapide des sports (3-4 mois pour Latarjet vs 4-6 pour Bankart) ✅ Excellent pour sports pivot et contact

Limites et risques

Voie ouverte (cicatrice de 5-7 cm) ❌ Section musculaire du sous-scapulaire ❌ Risque neurologique (nerf musculo-cutané, axillaire) : très rare ❌ Risque d’arthrose à long terme légèrement augmenté ❌ Difficile à reprendre si problème ❌ Perte de quelques degrés de rotation externe souvent

Suites du Latarjet

Immobilisation :

  • Écharpe : 3 à 4 semaines
  • Pas d’attelle rigide

Rééducation :

  • Mobilisation passive précoce dès J7
  • Mobilisation active progressive dès 3-4 semaines
  • Renforcement à partir de 6 semaines
  • Reprise sport doux : 3 mois
  • Reprise sport pivot/contact : 4-5 mois

Bankart ou Latarjet : comment choisir ?

Le choix entre les deux techniques dépend de plusieurs critères, évalués lors de la consultation et complétés par un scanner de l’épaule avec reconstruction 3D.

Tableau de décision

Critère Plutôt Bankart Plutôt Latarjet
Perte osseuse glénoïdienne < 15% > 15-20%
Lésion Hill-Sachs Modérée Engagement important
Sport pratiqué Amateur, doux, sport individuel Contact, pivot, haut niveau
Nombre de luxations 2-3 > 3 ou récidives faciles
Échec de chirurgie précédente Non Oui (Bankart en échec)
Hyperlaxité Si modérée Si majeure
Activité professionnelle Sédentaire, gestes contrôlés Manuels, force importante
Âge < 25 ans (souvent Bankart) Variable

Cas typiques

Indication typique d’un Bankart :

  • Jeune homme de 25 ans, étudiant
  • 2 luxations en sport (tennis)
  • Pas de perte osseuse
  • Lésion typique du labrum
  • Sport amateur, niveau modéré

Indication typique d’un Latarjet :

  • Homme de 30 ans, rugbyman ou militaire
  • 4-5 luxations
  • Perte osseuse glénoïdienne de 20%
  • Sport de contact intensif
  • Ou échec de Bankart précédent

L’évaluation pré-opératoire

Examens nécessaires :

  • Radiographies (face, profil, profil de Bernageau) : recherche de perte osseuse, Hill-Sachs
  • Scanner avec reconstruction 3D : mesure précise de la perte osseuse glénoïdienne
  • IRM ou arthro-IRM : évaluation des structures molles (labrum, ligaments, coiffe)
  • Bilan musculaire complet en consultation

Cette évaluation permet de choisir la technique adaptée à chaque patient.


Le choix du Dr Moussadjy

Le Dr Moussadjy, membre de la SFA (Société Française d’Arthroscopie), pratique les deux techniques selon les indications. Son approche :

“La décision se prend toujours en concertation avec le patient, après une évaluation complète incluant scanner 3D et IRM. Pour les jeunes sportifs sans perte osseuse, je privilégie le Bankart arthroscopique, moins invasif et restaurant l’anatomie. Pour les sportifs de contact, les pertes osseuses ou les échecs de Bankart, le Latarjet offre une stabilité supérieure et un retour au sport plus rapide.”

L’objectif : adapter la technique au patient, et non l’inverse.


Comparaison de la récupération

Étape Bankart Latarjet
Hospitalisation Ambulatoire / 1 nuit 1-2 nuits
Immobilisation 4-6 semaines (attelle) 3-4 semaines (écharpe)
Conduite 6-8 semaines 4-6 semaines
Travail sédentaire 4 semaines 4 semaines
Travail manuel 3-4 mois 2-3 mois
Sport doux 4 mois 3 mois
Sport pivot/contact 6 mois 4-5 mois
Mobilité complète 3-4 mois 4-5 mois
Taux de récidive 5-15% < 3%

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une perte osseuse glénoïdienne ?

La perte osseuse ne se voit pas cliniquement. Elle se mesure sur un scanner avec reconstruction 3D de l’épaule, en quantifiant la diminution du diamètre antéro-postérieur de la glène par rapport à un côté sain. Un scanner pré-opératoire est systématique avant toute chirurgie de stabilisation.

Peut-on faire un Latarjet sous arthroscopie ?

Oui, la technique du Latarjet arthroscopique existe et tend à se développer. Elle nécessite une expertise chirurgicale spécifique. Les résultats sont comparables à la technique ouverte, avec une cicatrice plus discrète. La voie ouverte reste cependant la référence et la plus largement pratiquée.

Quel est le risque de récidive ?

  • Après Bankart arthroscopique : 5-15% à 5 ans, jusqu’à 30% chez les sportifs de contact
  • Après Latarjet : < 3% (technique la plus fiable)

Ces chiffres expliquent pourquoi le Latarjet est privilégié dans les situations à haut risque de récidive.

Pourrai-je faire à nouveau du sport au même niveau ?

Oui, pour la grande majorité des patients. Plus de 80% des sportifs retrouvent leur niveau antérieur après Latarjet. Pour le Bankart, les chiffres sont légèrement inférieurs (70%), notamment pour les sports de contact intensifs où le taux de récidive est plus élevé.

Que se passe-t-il si je ne fais pas opérer ?

Sans chirurgie, les luxations récidiveront probablement, avec à long terme :

  • Aggravation de la perte osseuse
  • Augmentation des lésions cartilagineuses
  • Risque d’arthrose précoce (omarthrose post-instabilité)
  • Difficulté à opérer plus tard (technique plus complexe)
  • Limitation des activités sportives et professionnelles

C’est pourquoi la chirurgie précoce, avant aggravation des lésions, est souvent recommandée.

L’opération est-elle douloureuse ?

Les premiers jours peuvent être inconfortables, mais la douleur est bien gérée par :

  • Anesthésie locorégionale (bloc inter-scalénique) qui anesthésie le bras pendant 12-24h
  • Antalgiques adaptés pendant 1-2 semaines
  • Glaçage régulier
  • Position de repos adaptée

La majorité des patients sont confortables dès la 2e semaine.


Conclusion

Face à des luxations récidivantes de l’épaule, deux techniques chirurgicales s’offrent à vous : Bankart (réparation arthroscopique) ou Latarjet (butée coracoïdienne). Chacune a ses indications spécifiques, ses avantages et ses limites.

Le choix se fait au cas par cas, après une évaluation complète incluant :

  • Examen clinique approfondi
  • Imagerie (scanner 3D, IRM)
  • Discussion avec le patient sur ses attentes et activités

Le Dr Moussadjy, expert en chirurgie de l’épaule, pratique les deux techniques selon les indications à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93).

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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Le Dr Abdealy-Sheeraz Moussadjy est chirurgien orthopédiste accrédité HAS, ancien chef de clinique APHP (Hôpital Avicenne), membre de la SOFCOT et de la SFA, exerçant à Mareuil-lès-Meaux (77) et aux Lilas (93). Cet article a une valeur informative et ne se substitue pas à une consultation médicale personnalisée.

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