Épaule Publié le 15/05/2026

Capsulite rétractile : comprendre l’épaule gelée

Capsulite rétractile : comprendre l’épaule gelée

L’essentiel à retenir

La capsulite rétractile, aussi appelée “épaule gelée” (frozen shoulder), est une pathologie caractérisée par une inflammation et une rétraction de la capsule articulaire de l’épaule, provoquant douleur intense puis raideur progressive. Elle touche 2 à 5% de la population, principalement les femmes entre 40 et 60 ans, et son évolution est typique en 3 phases sur 12 à 24 mois. La bonne nouvelle : la guérison est presque toujours spontanée, mais peut être accélérée par un traitement adapté.


Qu’est-ce qu’une capsulite rétractile ?

La capsule articulaire est une enveloppe fibreuse qui entoure l’articulation de l’épaule et maintient le liquide synovial. Dans une articulation saine, elle est souple et permet tous les mouvements.

Dans la capsulite rétractile, cette capsule devient inflammée, épaissie et rétractée. C’est comme si une “gangue” se formait autour de l’articulation, bloquant progressivement les mouvements dans toutes les directions.

Une mécanique spécifique

Ce qui distingue la capsulite des autres pathologies de l’épaule :

  • Atteinte de la capsule elle-même, pas des tendons
  • Limitation passive (le médecin ne peut pas mobiliser le bras) — différent d’une simple douleur qui empêche le patient de bouger
  • Évolution stéréotypée en 3 phases
  • Guérison spontanée dans la majorité des cas

Qui est concerné ?

Population touchée

  • Sexe : femmes 2-3 fois plus que les hommes
  • Âge : 40-60 ans principalement
  • Côté : épaule non-dominante un peu plus fréquente
  • Bilatérale dans 10-20% des cas (les deux épaules à des moments différents)

Facteurs de risque

Facteurs métaboliques :

  • Diabète : risque multiplié par 5 (cause majeure)
  • Maladies thyroïdiennes (hypothyroïdie surtout)
  • Hypercholestérolémie

Facteurs locaux :

  • Traumatisme ou chirurgie récente de l’épaule
  • Immobilisation prolongée du bras
  • Tendinopathie chronique non traitée

Autres :

  • Maladie de Dupuytren associée chez certains patients
  • Maladies neurologiques (Parkinson, AVC)
  • Cancer du sein opéré (rare mais possible)
  • Stress psychologique

Dans 30-40% des cas, aucun facteur n’est identifié : on parle de capsulite “primitive” ou “idiopathique”.


Les 3 phases caractéristiques

La capsulite rétractile suit une évolution typique en 3 phases, ce qui aide au diagnostic.

Phase 1 — Phase douloureuse (“freezing”)

Durée : 2 à 9 mois (souvent 3-4 mois)

Symptômes :

  • Douleur progressive de l’épaule
  • Douleurs nocturnes intenses (réveils fréquents)
  • Douleur à toute mobilisation
  • Mobilité encore relativement conservée au début
  • Aggravation progressive : la raideur s’installe insidieusement

C’est la phase la plus pénible pour le patient. La douleur est intense et constante. C’est souvent à cette phase que le diagnostic est posé.

Phase 2 — Phase de raideur (“frozen”)

Durée : 4 à 12 mois (souvent 6 mois)

Symptômes :

  • Diminution progressive de la douleur (notamment nocturne)
  • Raideur majeure : impossibilité de bouger l’épaule
  • Limitation de tous les mouvements passifs et actifs
  • Vie quotidienne handicapée :

– Difficulté à se coiffer, s’habiller – Impossibilité d’attraper un objet en hauteur – Difficulté à mettre la main dans le dos – Conduite difficile

Cette phase est moins douloureuse mais très limitante au quotidien. C’est la phase où la rééducation devient le pilier du traitement.

Phase 3 — Phase de récupération (“thawing”)

Durée : 5 à 24 mois (très variable)

Symptômes :

  • Reprise progressive de la mobilité
  • Disparition de la douleur
  • Récupération souvent incomplète mais fonctionnelle
  • Petites séquelles parfois persistantes (perte de 5-10° en rotation externe)

Cette phase confirme la guérison naturelle de la maladie. Cependant, certains patients gardent une raideur résiduelle ou des douleurs ponctuelles.


Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic de capsulite rétractile est principalement clinique. Un examen rigoureux par un chirurgien orthopédiste permet de poser le diagnostic dans la majorité des cas.

L’interrogatoire

Recherche :

  • Mode d’apparition : progressif ou après traumatisme
  • Caractéristiques de la douleur : nocturne, à la mobilisation
  • Évolution dans le temps
  • Facteurs de risque : diabète, thyroïde, antécédents
  • Retentissement sur la vie quotidienne

L’examen clinique

Signe pathognomonique : limitation de la mobilité passive ET active dans toutes les directions.

Le médecin vérifie :

  • Rotation externe : très limitée (élément clé)
  • Élévation : limitée
  • Abduction : limitée
  • Rotation interne : limitée

Cette limitation passive (épaule bloquée même quand le médecin essaie de bouger le bras) distingue la capsulite des autres pathologies (tendinite, rupture de coiffe) où le mouvement passif reste possible.

Les examens complémentaires

Ils ne sont pas indispensables pour le diagnostic mais permettent d’éliminer d’autres pathologies :

Radiographies :

  • Souvent normales
  • Permettent d’éliminer arthrose, calcification, fracture

Échographie :

  • Élimine une rupture de coiffe associée
  • Peut montrer un épaississement de la capsule

IRM :

  • Visualise l’épaississement de la capsule (notamment au niveau de l’intervalle des rotateurs et du récessus inférieur)
  • Élimine les pathologies associées
  • Indication : doute diagnostique ou échec du traitement

Bilan biologique :

  • Recherche de diabète (glycémie à jeun, HbA1c)
  • Bilan thyroïdien (TSH)
  • Bilan lipidique

Le traitement de la capsulite rétractile

L’objectif du traitement est de soulager la douleur et accélérer la récupération. Aucun traitement ne “guérit” formellement la maladie, qui évolue selon son histoire naturelle. Mais on peut considérablement réduire la durée et l’intensité des symptômes.

Le traitement médical (en première intention)

1. Le traitement de la douleur

En phase 1 (douloureuse) :

  • Antalgiques : paracétamol, parfois opioïdes faibles
  • AINS ponctuels
  • Patchs antalgiques
  • Repos relatif (mais sans immobilisation complète)

2. Les infiltrations

Très efficaces sur la douleur en phase 1 :

  • Infiltration intra-articulaire de corticoïdes
  • Sous échographie pour optimiser la précision
  • 1 à 3 infiltrations au total (espacées de 4-6 semaines)
  • Effet sur la douleur en 24-48h, durable plusieurs semaines

3. La kinésithérapie

Pilier du traitement, à adapter selon la phase :

Phase 1 (douloureuse) :

  • Pas de mobilisations forcées (contre-productif)
  • Travail antalgique : massages, physiothérapie
  • Mobilisations passives douces sans douleur
  • Travail postural

Phase 2 (raideur) :

  • Mobilisations passives progressives
  • Étirements progressifs
  • Renforcement progressif des fixateurs de scapula
  • 2-3 séances par semaine pendant plusieurs mois

Phase 3 (récupération) :

  • Renforcement musculaire global
  • Travail proprioceptif
  • Reprise progressive des activités

Les traitements de seconde intention

Si le traitement médical bien conduit échoue après 3-6 mois :

1. Mobilisation sous anesthésie générale

Le chirurgien mobilise l’épaule du patient sous anesthésie générale légère pour “casser” les adhérences capsulaires. Suivi d’une rééducation intensive immédiate.

  • Indication : raideur majeure persistante
  • Risque : fracture humérale, lésion tendineuse (rare)
  • Efficacité : 70-80% des cas

2. Capsulotomie arthroscopique

Sous arthroscopie, le chirurgien réalise une section de la capsule rétractée pour libérer l’articulation.

  • Indication : échec de la mobilisation sous AG, capsulite résistante
  • Technique mini-invasive (3-4 incisions de 5 mm)
  • Rééducation intensive en post-opératoire
  • Bons résultats dans 80-90% des cas

3. Les autres options

  • Distension articulaire à l’eau (par radiologue) : injection d’eau sous pression dans l’articulation pour étirer la capsule
  • Acupuncture, ostéopathie : intérêt non démontré mais utilisés en complément

Que faire au quotidien ?

Mesures pratiques pour le confort

Gérer la douleur :

  • Antalgiques au coucher
  • Position de sommeil adaptée (oreiller sous le bras)
  • Application de chaleur

Maintenir la mobilité :

  • Mouvements doux quotidiens
  • Exercices pendulaires (bras pendant relaxé, petits cercles)
  • Étirements doux non douloureux

Adapter votre quotidien :

  • Évitez les gestes brusques en hauteur
  • Privilégiez les vêtements amples et faciles à enfiler
  • Aménagez votre poste de travail si nécessaire

À éviter

❌ Immobilisation totale (aggrave la raideur) ❌ Mobilisations forcées et douloureuses (entretiennent l’inflammation) ❌ Auto-médication prolongée ❌ Désespoir : la guérison est presque toujours au rendez-vous

Optimiser votre récupération

  • Activité physique régulière : marche, vélo
  • Bonne hygiène de vie : sommeil, alimentation
  • Contrôle des facteurs de risque : diabète, thyroïde
  • Patience : la capsulite prend son temps mais évolue favorablement

Questions fréquentes

La capsulite peut-elle revenir ?

Une récidive sur la même épaule est rare (< 5%). En revanche, l'autre épaule peut être touchée dans 10-20% des cas, à des moments différents (souvent dans les 5 ans suivants). Un suivi médical reste utile pour intervenir précocement en cas d'atteinte controlatérale.

Combien de temps dure une capsulite ?

L’évolution complète prend en moyenne 12 à 24 mois, avec de grandes variations individuelles. La phase douloureuse dure 2-9 mois, la phase de raideur 4-12 mois, la phase de récupération 5-24 mois. Un traitement adapté peut accélérer ces délais de 30-50%.

La capsulite guérit-elle vraiment toute seule ?

Oui, dans 95% des cas, l’épaule récupère naturellement, même sans traitement spécifique. Cependant, l’évolution peut être très longue et invalidante. C’est pourquoi un traitement médical bien conduit est important pour soulager la douleur et accélérer la récupération.

Faut-il s’inquiéter d’avoir du diabète si on a une capsulite ?

Le diabète est le principal facteur de risque de capsulite. Si vous présentez une capsulite, il est recommandé de réaliser un bilan glycémique (glycémie à jeun et hémoglobine glyquée) pour dépister un éventuel diabète méconnu. Inversement, si vous êtes diabétique, surveillez vos épaules.

Peut-on travailler avec une capsulite ?

Cela dépend de votre profession. Les métiers sédentaires permettent généralement de poursuivre l’activité avec quelques adaptations. Les métiers physiques nécessitent souvent un arrêt de travail de plusieurs semaines à plusieurs mois. Discutez-en avec votre médecin du travail.

Le sport est-il déconseillé ?

Non, au contraire. Maintenir une activité physique modérée est bénéfique. Adaptez les sports : la natation est excellente (mouvements doux dans l’eau qui mobilisent l’épaule sans surcharge). À éviter : sports de lancer, musculation intensive, sports de contact.


Conclusion

La capsulite rétractile est une pathologie fréquente, déroutante mais bénigne dans sa grande majorité. Son évolution stéréotypée en 3 phases sur 12 à 24 mois est presque toujours favorable.

La clé d’une bonne prise en charge :

  1. Poser le diagnostic rapidement
  2. Soulager la douleur (antalgiques, infiltrations)
  3. Adapter la kinésithérapie à chaque phase
  4. Être patient et persévérant

Si vous présentez les symptômes d’une capsulite rétractile, n’hésitez pas à consulter pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée à votre situation.

Le Dr Moussadjy consulte à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93).

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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Le Dr Abdealy-Sheeraz Moussadjy est chirurgien orthopédiste accrédité HAS, ancien chef de clinique APHP (Hôpital Avicenne), membre de la SOFCOT et de la SFA, exerçant à Mareuil-lès-Meaux (77) et aux Lilas (93). Cet article a une valeur informative et ne se substitue pas à une consultation médicale personnalisée.

Capsulite rétractile : comprendre l’épaule gelée

L’essentiel à retenir

La capsulite rétractile, aussi appelée “épaule gelée” (frozen shoulder), est une pathologie caractérisée par une inflammation et une rétraction de la capsule articulaire de l’épaule, provoquant douleur intense puis raideur progressive. Elle touche 2 à 5% de la population, principalement les femmes entre 40 et 60 ans, et son évolution est typique en 3 phases sur 12 à 24 mois. La bonne nouvelle : la guérison est presque toujours spontanée, mais peut être accélérée par un traitement adapté.


Qu’est-ce qu’une capsulite rétractile ?

La capsule articulaire est une enveloppe fibreuse qui entoure l’articulation de l’épaule et maintient le liquide synovial. Dans une articulation saine, elle est souple et permet tous les mouvements.

Dans la capsulite rétractile, cette capsule devient inflammée, épaissie et rétractée. C’est comme si une “gangue” se formait autour de l’articulation, bloquant progressivement les mouvements dans toutes les directions.

Une mécanique spécifique

Ce qui distingue la capsulite des autres pathologies de l’épaule :

  • Atteinte de la capsule elle-même, pas des tendons
  • Limitation passive (le médecin ne peut pas mobiliser le bras) — différent d’une simple douleur qui empêche le patient de bouger
  • Évolution stéréotypée en 3 phases
  • Guérison spontanée dans la majorité des cas

Qui est concerné ?

Population touchée

  • Sexe : femmes 2-3 fois plus que les hommes
  • Âge : 40-60 ans principalement
  • Côté : épaule non-dominante un peu plus fréquente
  • Bilatérale dans 10-20% des cas (les deux épaules à des moments différents)

Facteurs de risque

Facteurs métaboliques :

  • Diabète : risque multiplié par 5 (cause majeure)
  • Maladies thyroïdiennes (hypothyroïdie surtout)
  • Hypercholestérolémie

Facteurs locaux :

  • Traumatisme ou chirurgie récente de l’épaule
  • Immobilisation prolongée du bras
  • Tendinopathie chronique non traitée

Autres :

  • Maladie de Dupuytren associée chez certains patients
  • Maladies neurologiques (Parkinson, AVC)
  • Cancer du sein opéré (rare mais possible)
  • Stress psychologique

Dans 30-40% des cas, aucun facteur n’est identifié : on parle de capsulite “primitive” ou “idiopathique”.


Les 3 phases caractéristiques

La capsulite rétractile suit une évolution typique en 3 phases, ce qui aide au diagnostic.

Phase 1 — Phase douloureuse (“freezing”)

Durée : 2 à 9 mois (souvent 3-4 mois)

Symptômes :

  • Douleur progressive de l’épaule
  • Douleurs nocturnes intenses (réveils fréquents)
  • Douleur à toute mobilisation
  • Mobilité encore relativement conservée au début
  • Aggravation progressive : la raideur s’installe insidieusement

C’est la phase la plus pénible pour le patient. La douleur est intense et constante. C’est souvent à cette phase que le diagnostic est posé.

Phase 2 — Phase de raideur (“frozen”)

Durée : 4 à 12 mois (souvent 6 mois)

Symptômes :

  • Diminution progressive de la douleur (notamment nocturne)
  • Raideur majeure : impossibilité de bouger l’épaule
  • Limitation de tous les mouvements passifs et actifs
  • Vie quotidienne handicapée :

– Difficulté à se coiffer, s’habiller – Impossibilité d’attraper un objet en hauteur – Difficulté à mettre la main dans le dos – Conduite difficile

Cette phase est moins douloureuse mais très limitante au quotidien. C’est la phase où la rééducation devient le pilier du traitement.

Phase 3 — Phase de récupération (“thawing”)

Durée : 5 à 24 mois (très variable)

Symptômes :

  • Reprise progressive de la mobilité
  • Disparition de la douleur
  • Récupération souvent incomplète mais fonctionnelle
  • Petites séquelles parfois persistantes (perte de 5-10° en rotation externe)

Cette phase confirme la guérison naturelle de la maladie. Cependant, certains patients gardent une raideur résiduelle ou des douleurs ponctuelles.


Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic de capsulite rétractile est principalement clinique. Un examen rigoureux par un chirurgien orthopédiste permet de poser le diagnostic dans la majorité des cas.

L’interrogatoire

Recherche :

  • Mode d’apparition : progressif ou après traumatisme
  • Caractéristiques de la douleur : nocturne, à la mobilisation
  • Évolution dans le temps
  • Facteurs de risque : diabète, thyroïde, antécédents
  • Retentissement sur la vie quotidienne

L’examen clinique

Signe pathognomonique : limitation de la mobilité passive ET active dans toutes les directions.

Le médecin vérifie :

  • Rotation externe : très limitée (élément clé)
  • Élévation : limitée
  • Abduction : limitée
  • Rotation interne : limitée

Cette limitation passive (épaule bloquée même quand le médecin essaie de bouger le bras) distingue la capsulite des autres pathologies (tendinite, rupture de coiffe) où le mouvement passif reste possible.

Les examens complémentaires

Ils ne sont pas indispensables pour le diagnostic mais permettent d’éliminer d’autres pathologies :

Radiographies :

  • Souvent normales
  • Permettent d’éliminer arthrose, calcification, fracture

Échographie :

  • Élimine une rupture de coiffe associée
  • Peut montrer un épaississement de la capsule

IRM :

  • Visualise l’épaississement de la capsule (notamment au niveau de l’intervalle des rotateurs et du récessus inférieur)
  • Élimine les pathologies associées
  • Indication : doute diagnostique ou échec du traitement

Bilan biologique :

  • Recherche de diabète (glycémie à jeun, HbA1c)
  • Bilan thyroïdien (TSH)
  • Bilan lipidique

Le traitement de la capsulite rétractile

L’objectif du traitement est de soulager la douleur et accélérer la récupération. Aucun traitement ne “guérit” formellement la maladie, qui évolue selon son histoire naturelle. Mais on peut considérablement réduire la durée et l’intensité des symptômes.

Le traitement médical (en première intention)

1. Le traitement de la douleur

En phase 1 (douloureuse) :

  • Antalgiques : paracétamol, parfois opioïdes faibles
  • AINS ponctuels
  • Patchs antalgiques
  • Repos relatif (mais sans immobilisation complète)

2. Les infiltrations

Très efficaces sur la douleur en phase 1 :

  • Infiltration intra-articulaire de corticoïdes
  • Sous échographie pour optimiser la précision
  • 1 à 3 infiltrations au total (espacées de 4-6 semaines)
  • Effet sur la douleur en 24-48h, durable plusieurs semaines

3. La kinésithérapie

Pilier du traitement, à adapter selon la phase :

Phase 1 (douloureuse) :

  • Pas de mobilisations forcées (contre-productif)
  • Travail antalgique : massages, physiothérapie
  • Mobilisations passives douces sans douleur
  • Travail postural

Phase 2 (raideur) :

  • Mobilisations passives progressives
  • Étirements progressifs
  • Renforcement progressif des fixateurs de scapula
  • 2-3 séances par semaine pendant plusieurs mois

Phase 3 (récupération) :

  • Renforcement musculaire global
  • Travail proprioceptif
  • Reprise progressive des activités

Les traitements de seconde intention

Si le traitement médical bien conduit échoue après 3-6 mois :

1. Mobilisation sous anesthésie générale

Le chirurgien mobilise l’épaule du patient sous anesthésie générale légère pour “casser” les adhérences capsulaires. Suivi d’une rééducation intensive immédiate.

  • Indication : raideur majeure persistante
  • Risque : fracture humérale, lésion tendineuse (rare)
  • Efficacité : 70-80% des cas

2. Capsulotomie arthroscopique

Sous arthroscopie, le chirurgien réalise une section de la capsule rétractée pour libérer l’articulation.

  • Indication : échec de la mobilisation sous AG, capsulite résistante
  • Technique mini-invasive (3-4 incisions de 5 mm)
  • Rééducation intensive en post-opératoire
  • Bons résultats dans 80-90% des cas

3. Les autres options

  • Distension articulaire à l’eau (par radiologue) : injection d’eau sous pression dans l’articulation pour étirer la capsule
  • Acupuncture, ostéopathie : intérêt non démontré mais utilisés en complément

Que faire au quotidien ?

Mesures pratiques pour le confort

Gérer la douleur :

  • Antalgiques au coucher
  • Position de sommeil adaptée (oreiller sous le bras)
  • Application de chaleur

Maintenir la mobilité :

  • Mouvements doux quotidiens
  • Exercices pendulaires (bras pendant relaxé, petits cercles)
  • Étirements doux non douloureux

Adapter votre quotidien :

  • Évitez les gestes brusques en hauteur
  • Privilégiez les vêtements amples et faciles à enfiler
  • Aménagez votre poste de travail si nécessaire

À éviter

❌ Immobilisation totale (aggrave la raideur) ❌ Mobilisations forcées et douloureuses (entretiennent l’inflammation) ❌ Auto-médication prolongée ❌ Désespoir : la guérison est presque toujours au rendez-vous

Optimiser votre récupération

  • Activité physique régulière : marche, vélo
  • Bonne hygiène de vie : sommeil, alimentation
  • Contrôle des facteurs de risque : diabète, thyroïde
  • Patience : la capsulite prend son temps mais évolue favorablement

Questions fréquentes

La capsulite peut-elle revenir ?

Une récidive sur la même épaule est rare (< 5%). En revanche, l'autre épaule peut être touchée dans 10-20% des cas, à des moments différents (souvent dans les 5 ans suivants). Un suivi médical reste utile pour intervenir précocement en cas d'atteinte controlatérale.

Combien de temps dure une capsulite ?

L’évolution complète prend en moyenne 12 à 24 mois, avec de grandes variations individuelles. La phase douloureuse dure 2-9 mois, la phase de raideur 4-12 mois, la phase de récupération 5-24 mois. Un traitement adapté peut accélérer ces délais de 30-50%.

La capsulite guérit-elle vraiment toute seule ?

Oui, dans 95% des cas, l’épaule récupère naturellement, même sans traitement spécifique. Cependant, l’évolution peut être très longue et invalidante. C’est pourquoi un traitement médical bien conduit est important pour soulager la douleur et accélérer la récupération.

Faut-il s’inquiéter d’avoir du diabète si on a une capsulite ?

Le diabète est le principal facteur de risque de capsulite. Si vous présentez une capsulite, il est recommandé de réaliser un bilan glycémique (glycémie à jeun et hémoglobine glyquée) pour dépister un éventuel diabète méconnu. Inversement, si vous êtes diabétique, surveillez vos épaules.

Peut-on travailler avec une capsulite ?

Cela dépend de votre profession. Les métiers sédentaires permettent généralement de poursuivre l’activité avec quelques adaptations. Les métiers physiques nécessitent souvent un arrêt de travail de plusieurs semaines à plusieurs mois. Discutez-en avec votre médecin du travail.

Le sport est-il déconseillé ?

Non, au contraire. Maintenir une activité physique modérée est bénéfique. Adaptez les sports : la natation est excellente (mouvements doux dans l’eau qui mobilisent l’épaule sans surcharge). À éviter : sports de lancer, musculation intensive, sports de contact.


Conclusion

La capsulite rétractile est une pathologie fréquente, déroutante mais bénigne dans sa grande majorité. Son évolution stéréotypée en 3 phases sur 12 à 24 mois est presque toujours favorable.

La clé d’une bonne prise en charge :

  1. Poser le diagnostic rapidement
  2. Soulager la douleur (antalgiques, infiltrations)
  3. Adapter la kinésithérapie à chaque phase
  4. Être patient et persévérant

Si vous présentez les symptômes d’une capsulite rétractile, n’hésitez pas à consulter pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée à votre situation.

Le Dr Moussadjy consulte à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93).

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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