Genou Publié le 15/05/2026

Mal au genou en montant les escaliers : 5 causes possibles

Mal au genou en montant les escaliers : 5 causes possibles

L’essentiel à retenir

La douleur au genou en montant ou descendant les escaliers est un symptôme très fréquent qui touche 1 personne sur 4 après 50 ans (source : HAS). Cinq causes principales sont à identifier : l’arthrose (la plus fréquente), le syndrome rotulien, une lésion méniscale, une tendinopathie rotulienne ou un dysfonctionnement biomécanique. Le diagnostic précis nécessite un examen clinique et souvent une IRM. Ce guide vous aide à mieux comprendre votre douleur et à savoir quand consulter.


Pourquoi les escaliers font mal au genou ?

Avant d’identifier les causes, comprenons pourquoi les escaliers sollicitent autant le genou.

Lors de la montée d’un escalier, votre genou supporte 3 à 4 fois le poids du corps (au lieu de 1,5 fois en marche à plat). À la descente, ce chiffre monte à 6 à 8 fois le poids du corps. C’est pourquoi la descente est souvent plus douloureuse que la montée.

Cette sollicitation mécanique importante explique pourquoi les escaliers révèlent les premiers signes d’une pathologie articulaire. C’est souvent le premier symptôme d’une lésion qui s’installe.

Quels mécanismes en jeu ?

  • Compression entre le fémur et le tibia (arthrose)
  • Frottement entre la rotule et le fémur (syndrome rotulien)
  • Cisaillement des ménisques (lésion méniscale)
  • Tension du tendon rotulien (tendinopathie)

Cause #1 — L’arthrose du genou (gonarthrose)

C’est la cause la plus fréquente de douleur du genou après 50 ans. Elle touche environ 30% des plus de 65 ans en France.

Mécanisme

L’arthrose correspond à une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses. Le cartilage devient plus fin, plus rugueux, jusqu’à disparaître parfois complètement, créant un contact os-os douloureux.

Symptômes typiques

  • Douleur en début de marche (dérouillage matinal)
  • Aggravation par la fatigue (fin de journée)
  • Difficulté à descendre les escaliers (caractéristique)
  • Raideur articulaire
  • Crépitations lors des mouvements
  • Gonflement intermittent
  • Évolution lente sur plusieurs années

Facteurs de risque

  • Âge (> 50 ans)
  • Surpoids (le principal facteur modifiable)
  • Antécédents traumatiques (méniscectomie, fracture, rupture du LCA non opérée)
  • Hérédité
  • Activités professionnelles sollicitantes (port de charges, position accroupie répétée)
  • Sports d’impact (course à pied intensive, sports de contact)

Diagnostic

Le diagnostic se fait par :

  • Examen clinique : recherche de signes inflammatoires, mobilité, alignement
  • Radiographies en charge (debout) : visualisation du pincement articulaire, des ostéophytes (becs osseux), des géodes

L’IRM n’est pas systématique mais peut être utile pour évaluer le cartilage de façon plus précise.

Traitement

Phase précoce :

  • Perte de poids si surpoids (impact majeur)
  • Activité physique adaptée (vélo, natation)
  • Kinésithérapie pour renforcer le quadriceps
  • Antalgiques (paracétamol, AINS ponctuels)
  • Infiltrations (corticoïdes, acide hyaluronique, PRP)

Phase avancée :

  • Ostéotomie tibiale (réaxation du genou) chez le sujet jeune
  • Prothèse uni-compartimentale (un seul côté du genou)
  • Prothèse totale du genou (PTG) en stade évolué

Cause #2 — Le syndrome rotulien (syndrome fémoro-patellaire)

C’est la cause la plus fréquente chez les jeunes adultes, notamment chez la femme jeune sportive.

Mécanisme

Le syndrome rotulien correspond à un dysfonctionnement de la glissière entre la rotule et le fémur. La rotule, qui devrait glisser parfaitement dans la trochlée fémorale, va frotter d’un côté ou de l’autre, créant douleur et inflammation.

Symptômes typiques

  • Douleur antérieure du genou (autour ou sous la rotule)
  • Aggravation à la descente des escaliers (très caractéristique)
  • Douleur en position assise prolongée (signe du cinéma : douleur après 1-2 heures au cinéma)
  • Sensation d’instabilité, parfois de dérobement
  • Craquements rotuliens
  • Pas de blocage articulaire

Facteurs de risque

  • Sexe féminin (bassin plus large)
  • Insuffisance de muscle vaste interne (côté médial)
  • Pieds plats ou valgus (mauvaise statique)
  • Surentraînement (course, danse)
  • Genu valgum (genoux en X)
  • Hyperlaxité rotulienne

Diagnostic

Examen clinique principalement :

  • Tests rotuliens (signe du rabot, palpation rotulienne)
  • Évaluation de la statique des membres inférieurs
  • Étude de la trophicité musculaire

Radiographies (face, profil, défilé fémoro-patellaire à 30° de flexion) pour rechercher une dysplasie trochléenne ou une bascule rotulienne.

Traitement

Quasi exclusivement médical et fonctionnel :

  • Kinésithérapie : renforcement du vaste interne, étirements
  • Semelles orthopédiques si trouble statique
  • Adaptation des activités (réduction temporaire du sport)
  • Glaçage après effort
  • Antalgiques ponctuels

La chirurgie est rarement nécessaire (réservée aux cas sévères avec dysplasie trochléenne importante ou instabilité récidivante).


Cause #3 — Une lésion méniscale

Les lésions du ménisque peuvent provoquer des douleurs en escaliers, surtout dans les lésions traumatiques chez le sujet jeune et dégénératives chez le sujet plus âgé.

Mécanisme

Le ménisque amortit les chocs et stabilise le genou. Quand il se déchire, les fragments peuvent :

  • Se coincer entre les surfaces articulaires (douleur mécanique)
  • Provoquer des blocages
  • Créer une inflammation locale

Symptômes typiques

  • Douleur localisée sur l’interligne articulaire (interne ou externe)
  • Aggravation en flexion forcée (s’accroupir, monter les escaliers)
  • Blocages mécaniques : le genou se bloque, nécessitant un mouvement pour le “remettre”
  • Sensation de dérobement
  • Épanchement intermittent

Distinction lésion traumatique vs dégénérative

Caractéristique Lésion traumatique Lésion dégénérative
Âge Jeune (15-40 ans) > 50 ans
Début Brutal après un mouvement Progressif
Sport associé Pivot (foot, ski, rugby) Pas nécessairement
Lésion typique Verticale, anse de seau Horizontale, fissuration
Traitement Suture si possible Médical d’abord

Diagnostic

  • Examen clinique (tests de Mc Murray, Apley)
  • IRM du genou : examen de référence

Traitement

Lésion traumatique :

  • Suture méniscale si possible (jeune, lésion périphérique)
  • Méniscectomie partielle économe sinon

Lésion dégénérative :

  • Traitement médical en première intention (kinésithérapie, infiltrations) pendant 3-6 mois
  • Méniscectomie partielle si échec et symptômes invalidants

À lire aussi : Suture méniscale ou méniscectomie : comment choisir ?


Cause #4 — La tendinopathie rotulienne (genou du sauteur)

Pathologie typique du sportif jeune, surtout dans les sports avec sauts répétés (basket, volley, sauts en hauteur).

Mécanisme

Le tendon rotulien (qui relie la rotule au tibia) subit des microtraumatismes répétés lors des sauts. Avec le temps, le tendon s’épaissit, se fragilise et devient douloureux. C’est une véritable maladie du tendon (tendinopathie) plus qu’une simple “tendinite” inflammatoire.

Symptômes typiques

  • Douleur sous la rotule (à la palpation de la pointe rotulienne)
  • Aggravation lors des sauts et de la descente d’escaliers
  • Douleur “à froid” en début d’activité
  • Atténuation à l’échauffement puis reprise après l’effort
  • Évolution chronique sur plusieurs mois

Diagnostic

  • Examen clinique (palpation, tests dynamiques)
  • Échographie : visualise l’épaississement du tendon et les zones hypoéchogènes
  • IRM si doute diagnostique

Traitement

Conservateur (durée 3-6 mois) :

  • Repos relatif : arrêt des sports d’impact
  • Kinésithérapie excentrique (protocole d’Alfredson) : exercices spécifiques de descente lente
  • Onde de choc : possible alternative
  • PRP (injections de plasma riche en plaquettes) : controversées mais souvent utilisées
  • Rééquilibration musculaire (quadriceps, ischio-jambiers)

La chirurgie n’est envisagée qu’en cas d’échec après plusieurs mois de traitement conservateur bien conduit.


Cause #5 — Le dysfonctionnement biomécanique

Cette catégorie regroupe des causes liées à un mauvais alignement ou un déséquilibre musculaire, qui surchargent le genou.

Mécanismes possibles

  • Trouble statique du pied (pied plat, pied creux, valgus calcanéen)
  • Déséquilibre musculaire (quadriceps faible, ischio-jambiers raides)
  • Genu valgum ou varum (axes anormaux des jambes)
  • Différence de longueur des jambes
  • Mauvaise gestuelle sportive

Symptômes typiques

  • Douleur sans cause clairement identifiée (pas de traumatisme, pas d’arthrose visible)
  • Fluctuante selon les activités
  • Souvent bilatérale (les deux genoux)
  • Persistante malgré le traitement antalgique
  • Apparition lors d’une augmentation d’activité

Diagnostic

  • Examen clinique complet (statique et dynamique)
  • Analyse de la marche et de la posture
  • Évaluation podologique (souvent par un podologue)
  • Bilan musculaire et postural en kinésithérapie

Traitement

  • Semelles orthopédiques sur mesure
  • Rééducation posturale globale
  • Renforcement musculaire ciblé
  • Modification de la technique sportive
  • Perte de poids si surpoids

Quand consulter un chirurgien orthopédiste ?

Toute douleur du genou ne nécessite pas de consultation immédiate, mais certains signes doivent vous alerter et vous amener à consulter rapidement :

Signaux d’alerte nécessitant une consultation

🚨 Consultation rapide (sous 7-15 jours) :

  • Douleur après un traumatisme avec craquement et gonflement
  • Blocage du genou récurrent
  • Sensation d’instabilité ou de dérobement
  • Gonflement persistant

🚨 Consultation urgente (en 24-48h) :

  • Genou rouge, chaud, très douloureux avec fièvre (arthrite septique possible)
  • Mollet gonflé, chaud, douloureux après une blessure (suspicion de phlébite)
  • Impossibilité de poser le pied au sol

🚨 Consultation programmée :

  • Douleur persistante > 4-6 semaines malgré l’auto-traitement
  • Aggravation progressive des symptômes
  • Limitation des activités quotidiennes
  • Antécédent de chirurgie du genou avec douleur nouvelle

Quoi attendre de la consultation ?

Le chirurgien orthopédiste réalise :

  • Interrogatoire approfondi sur l’apparition et l’évolution des symptômes
  • Examen clinique complet (mobilité, stabilité, tests spécifiques)
  • Prescription d’examens si nécessaires (radios, IRM)
  • Diagnostic précis et explication
  • Proposition thérapeutique adaptée

Que faire en attendant la consultation ?

Mesures simples efficaces :

Repos relatif : éviter les activités qui aggravent la douleur ✅ Glaçage : 15-20 minutes, 3-4 fois par jour ✅ Surélévation de la jambe si gonflement ✅ Antalgiques : paracétamol en première intention ✅ Anti-inflammatoires courte durée (3-5 jours) si pas de contre-indication ✅ Marche avec canne si appui douloureux

À éviter :

❌ Sport intensif ❌ Position prolongée assise ou debout ❌ Port de charges lourdes ❌ Escaliers répétés ❌ Auto-médication prolongée sans avis médical


Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on avoir de l’arthrose du genou ?

L’arthrose du genou est rare avant 40 ans (sauf antécédent traumatique majeur). Elle devient fréquente après 50 ans, et concerne 30% des personnes de plus de 65 ans. L’âge moyen d’apparition est de 55-60 ans, plus précoce chez les anciens sportifs avec antécédents de blessure (LCA, ménisque) et chez les personnes en surpoids.

Le sport est-il mauvais pour les genoux ?

Non, au contraire. L’activité physique régulière et adaptée renforce la musculature, améliore la nutrition du cartilage et protège les genoux. Ce sont les sports d’impact répétés (course intensive, sport de saut) ou pratiqués sans préparation qui peuvent être problématiques. Le vélo, la natation, la marche, le golf sont excellents pour les genoux.

La douleur disparaîtra-t-elle d’elle-même ?

Cela dépend de la cause. Une tendinite légère ou un syndrome rotulien peuvent s’améliorer spontanément avec du repos. En revanche, une arthrose, une lésion méniscale ou une tendinopathie chronique nécessitent généralement une prise en charge médicale. Si la douleur persiste plus de 4 semaines, consultez.

Faut-il faire une IRM systématiquement ?

Non, l’IRM n’est pas systématique. Pour les douleurs typiques d’arthrose chez un patient de plus de 50 ans, les radiographies suffisent souvent. L’IRM est indiquée en cas de suspicion de lésion méniscale, ligamentaire, ou de pathologie inflammatoire/tumorale. La décision se prend en consultation.

Quand faut-il envisager une prothèse de genou ?

La prothèse totale du genou est envisagée quand : (1) l’arthrose est avancée radiologiquement, (2) le traitement médical bien conduit (kinésithérapie, antalgiques, infiltrations) est en échec, (3) la qualité de vie est nettement altérée (marche limitée, douleurs nocturnes, gêne quotidienne). L’âge moyen d’une PTG est 65-75 ans.


Conclusion

La douleur du genou en montant les escaliers a des causes multiples. La bonne nouvelle est qu’un diagnostic précis permet presque toujours une prise en charge efficace, qu’elle soit médicale ou chirurgicale.

Si vos douleurs persistent au-delà de 4 à 6 semaines malgré le repos et les antalgiques simples, n’attendez pas. Un avis spécialisé permet d’identifier la cause et d’éviter une aggravation.

Le Dr Moussadjy consulte à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93). Il dispose d’un service d’urgences LCA dédié 7j/7 via WhatsApp au 07 49 06 91 52 pour tout traumatisme sportif récent du genou.

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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Le Dr Abdealy-Sheeraz Moussadjy est chirurgien orthopédiste accrédité HAS, ancien chef de clinique APHP (Hôpital Avicenne), membre de la SOFCOT et de la SFA, exerçant à Mareuil-lès-Meaux (77) et aux Lilas (93). Cet article a une valeur informative et ne se substitue pas à une consultation médicale personnalisée.

Mal au genou en montant les escaliers : 5 causes possibles

L’essentiel à retenir

La douleur au genou en montant ou descendant les escaliers est un symptôme très fréquent qui touche 1 personne sur 4 après 50 ans (source : HAS). Cinq causes principales sont à identifier : l’arthrose (la plus fréquente), le syndrome rotulien, une lésion méniscale, une tendinopathie rotulienne ou un dysfonctionnement biomécanique. Le diagnostic précis nécessite un examen clinique et souvent une IRM. Ce guide vous aide à mieux comprendre votre douleur et à savoir quand consulter.


Pourquoi les escaliers font mal au genou ?

Avant d’identifier les causes, comprenons pourquoi les escaliers sollicitent autant le genou.

Lors de la montée d’un escalier, votre genou supporte 3 à 4 fois le poids du corps (au lieu de 1,5 fois en marche à plat). À la descente, ce chiffre monte à 6 à 8 fois le poids du corps. C’est pourquoi la descente est souvent plus douloureuse que la montée.

Cette sollicitation mécanique importante explique pourquoi les escaliers révèlent les premiers signes d’une pathologie articulaire. C’est souvent le premier symptôme d’une lésion qui s’installe.

Quels mécanismes en jeu ?

  • Compression entre le fémur et le tibia (arthrose)
  • Frottement entre la rotule et le fémur (syndrome rotulien)
  • Cisaillement des ménisques (lésion méniscale)
  • Tension du tendon rotulien (tendinopathie)

Cause #1 — L’arthrose du genou (gonarthrose)

C’est la cause la plus fréquente de douleur du genou après 50 ans. Elle touche environ 30% des plus de 65 ans en France.

Mécanisme

L’arthrose correspond à une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses. Le cartilage devient plus fin, plus rugueux, jusqu’à disparaître parfois complètement, créant un contact os-os douloureux.

Symptômes typiques

  • Douleur en début de marche (dérouillage matinal)
  • Aggravation par la fatigue (fin de journée)
  • Difficulté à descendre les escaliers (caractéristique)
  • Raideur articulaire
  • Crépitations lors des mouvements
  • Gonflement intermittent
  • Évolution lente sur plusieurs années

Facteurs de risque

  • Âge (> 50 ans)
  • Surpoids (le principal facteur modifiable)
  • Antécédents traumatiques (méniscectomie, fracture, rupture du LCA non opérée)
  • Hérédité
  • Activités professionnelles sollicitantes (port de charges, position accroupie répétée)
  • Sports d’impact (course à pied intensive, sports de contact)

Diagnostic

Le diagnostic se fait par :

  • Examen clinique : recherche de signes inflammatoires, mobilité, alignement
  • Radiographies en charge (debout) : visualisation du pincement articulaire, des ostéophytes (becs osseux), des géodes

L’IRM n’est pas systématique mais peut être utile pour évaluer le cartilage de façon plus précise.

Traitement

Phase précoce :

  • Perte de poids si surpoids (impact majeur)
  • Activité physique adaptée (vélo, natation)
  • Kinésithérapie pour renforcer le quadriceps
  • Antalgiques (paracétamol, AINS ponctuels)
  • Infiltrations (corticoïdes, acide hyaluronique, PRP)

Phase avancée :

  • Ostéotomie tibiale (réaxation du genou) chez le sujet jeune
  • Prothèse uni-compartimentale (un seul côté du genou)
  • Prothèse totale du genou (PTG) en stade évolué

Cause #2 — Le syndrome rotulien (syndrome fémoro-patellaire)

C’est la cause la plus fréquente chez les jeunes adultes, notamment chez la femme jeune sportive.

Mécanisme

Le syndrome rotulien correspond à un dysfonctionnement de la glissière entre la rotule et le fémur. La rotule, qui devrait glisser parfaitement dans la trochlée fémorale, va frotter d’un côté ou de l’autre, créant douleur et inflammation.

Symptômes typiques

  • Douleur antérieure du genou (autour ou sous la rotule)
  • Aggravation à la descente des escaliers (très caractéristique)
  • Douleur en position assise prolongée (signe du cinéma : douleur après 1-2 heures au cinéma)
  • Sensation d’instabilité, parfois de dérobement
  • Craquements rotuliens
  • Pas de blocage articulaire

Facteurs de risque

  • Sexe féminin (bassin plus large)
  • Insuffisance de muscle vaste interne (côté médial)
  • Pieds plats ou valgus (mauvaise statique)
  • Surentraînement (course, danse)
  • Genu valgum (genoux en X)
  • Hyperlaxité rotulienne

Diagnostic

Examen clinique principalement :

  • Tests rotuliens (signe du rabot, palpation rotulienne)
  • Évaluation de la statique des membres inférieurs
  • Étude de la trophicité musculaire

Radiographies (face, profil, défilé fémoro-patellaire à 30° de flexion) pour rechercher une dysplasie trochléenne ou une bascule rotulienne.

Traitement

Quasi exclusivement médical et fonctionnel :

  • Kinésithérapie : renforcement du vaste interne, étirements
  • Semelles orthopédiques si trouble statique
  • Adaptation des activités (réduction temporaire du sport)
  • Glaçage après effort
  • Antalgiques ponctuels

La chirurgie est rarement nécessaire (réservée aux cas sévères avec dysplasie trochléenne importante ou instabilité récidivante).


Cause #3 — Une lésion méniscale

Les lésions du ménisque peuvent provoquer des douleurs en escaliers, surtout dans les lésions traumatiques chez le sujet jeune et dégénératives chez le sujet plus âgé.

Mécanisme

Le ménisque amortit les chocs et stabilise le genou. Quand il se déchire, les fragments peuvent :

  • Se coincer entre les surfaces articulaires (douleur mécanique)
  • Provoquer des blocages
  • Créer une inflammation locale

Symptômes typiques

  • Douleur localisée sur l’interligne articulaire (interne ou externe)
  • Aggravation en flexion forcée (s’accroupir, monter les escaliers)
  • Blocages mécaniques : le genou se bloque, nécessitant un mouvement pour le “remettre”
  • Sensation de dérobement
  • Épanchement intermittent

Distinction lésion traumatique vs dégénérative

Caractéristique Lésion traumatique Lésion dégénérative
Âge Jeune (15-40 ans) > 50 ans
Début Brutal après un mouvement Progressif
Sport associé Pivot (foot, ski, rugby) Pas nécessairement
Lésion typique Verticale, anse de seau Horizontale, fissuration
Traitement Suture si possible Médical d’abord

Diagnostic

  • Examen clinique (tests de Mc Murray, Apley)
  • IRM du genou : examen de référence

Traitement

Lésion traumatique :

  • Suture méniscale si possible (jeune, lésion périphérique)
  • Méniscectomie partielle économe sinon

Lésion dégénérative :

  • Traitement médical en première intention (kinésithérapie, infiltrations) pendant 3-6 mois
  • Méniscectomie partielle si échec et symptômes invalidants

À lire aussi : Suture méniscale ou méniscectomie : comment choisir ?


Cause #4 — La tendinopathie rotulienne (genou du sauteur)

Pathologie typique du sportif jeune, surtout dans les sports avec sauts répétés (basket, volley, sauts en hauteur).

Mécanisme

Le tendon rotulien (qui relie la rotule au tibia) subit des microtraumatismes répétés lors des sauts. Avec le temps, le tendon s’épaissit, se fragilise et devient douloureux. C’est une véritable maladie du tendon (tendinopathie) plus qu’une simple “tendinite” inflammatoire.

Symptômes typiques

  • Douleur sous la rotule (à la palpation de la pointe rotulienne)
  • Aggravation lors des sauts et de la descente d’escaliers
  • Douleur “à froid” en début d’activité
  • Atténuation à l’échauffement puis reprise après l’effort
  • Évolution chronique sur plusieurs mois

Diagnostic

  • Examen clinique (palpation, tests dynamiques)
  • Échographie : visualise l’épaississement du tendon et les zones hypoéchogènes
  • IRM si doute diagnostique

Traitement

Conservateur (durée 3-6 mois) :

  • Repos relatif : arrêt des sports d’impact
  • Kinésithérapie excentrique (protocole d’Alfredson) : exercices spécifiques de descente lente
  • Onde de choc : possible alternative
  • PRP (injections de plasma riche en plaquettes) : controversées mais souvent utilisées
  • Rééquilibration musculaire (quadriceps, ischio-jambiers)

La chirurgie n’est envisagée qu’en cas d’échec après plusieurs mois de traitement conservateur bien conduit.


Cause #5 — Le dysfonctionnement biomécanique

Cette catégorie regroupe des causes liées à un mauvais alignement ou un déséquilibre musculaire, qui surchargent le genou.

Mécanismes possibles

  • Trouble statique du pied (pied plat, pied creux, valgus calcanéen)
  • Déséquilibre musculaire (quadriceps faible, ischio-jambiers raides)
  • Genu valgum ou varum (axes anormaux des jambes)
  • Différence de longueur des jambes
  • Mauvaise gestuelle sportive

Symptômes typiques

  • Douleur sans cause clairement identifiée (pas de traumatisme, pas d’arthrose visible)
  • Fluctuante selon les activités
  • Souvent bilatérale (les deux genoux)
  • Persistante malgré le traitement antalgique
  • Apparition lors d’une augmentation d’activité

Diagnostic

  • Examen clinique complet (statique et dynamique)
  • Analyse de la marche et de la posture
  • Évaluation podologique (souvent par un podologue)
  • Bilan musculaire et postural en kinésithérapie

Traitement

  • Semelles orthopédiques sur mesure
  • Rééducation posturale globale
  • Renforcement musculaire ciblé
  • Modification de la technique sportive
  • Perte de poids si surpoids

Quand consulter un chirurgien orthopédiste ?

Toute douleur du genou ne nécessite pas de consultation immédiate, mais certains signes doivent vous alerter et vous amener à consulter rapidement :

Signaux d’alerte nécessitant une consultation

🚨 Consultation rapide (sous 7-15 jours) :

  • Douleur après un traumatisme avec craquement et gonflement
  • Blocage du genou récurrent
  • Sensation d’instabilité ou de dérobement
  • Gonflement persistant

🚨 Consultation urgente (en 24-48h) :

  • Genou rouge, chaud, très douloureux avec fièvre (arthrite septique possible)
  • Mollet gonflé, chaud, douloureux après une blessure (suspicion de phlébite)
  • Impossibilité de poser le pied au sol

🚨 Consultation programmée :

  • Douleur persistante > 4-6 semaines malgré l’auto-traitement
  • Aggravation progressive des symptômes
  • Limitation des activités quotidiennes
  • Antécédent de chirurgie du genou avec douleur nouvelle

Quoi attendre de la consultation ?

Le chirurgien orthopédiste réalise :

  • Interrogatoire approfondi sur l’apparition et l’évolution des symptômes
  • Examen clinique complet (mobilité, stabilité, tests spécifiques)
  • Prescription d’examens si nécessaires (radios, IRM)
  • Diagnostic précis et explication
  • Proposition thérapeutique adaptée

Que faire en attendant la consultation ?

Mesures simples efficaces :

Repos relatif : éviter les activités qui aggravent la douleur ✅ Glaçage : 15-20 minutes, 3-4 fois par jour ✅ Surélévation de la jambe si gonflement ✅ Antalgiques : paracétamol en première intention ✅ Anti-inflammatoires courte durée (3-5 jours) si pas de contre-indication ✅ Marche avec canne si appui douloureux

À éviter :

❌ Sport intensif ❌ Position prolongée assise ou debout ❌ Port de charges lourdes ❌ Escaliers répétés ❌ Auto-médication prolongée sans avis médical


Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on avoir de l’arthrose du genou ?

L’arthrose du genou est rare avant 40 ans (sauf antécédent traumatique majeur). Elle devient fréquente après 50 ans, et concerne 30% des personnes de plus de 65 ans. L’âge moyen d’apparition est de 55-60 ans, plus précoce chez les anciens sportifs avec antécédents de blessure (LCA, ménisque) et chez les personnes en surpoids.

Le sport est-il mauvais pour les genoux ?

Non, au contraire. L’activité physique régulière et adaptée renforce la musculature, améliore la nutrition du cartilage et protège les genoux. Ce sont les sports d’impact répétés (course intensive, sport de saut) ou pratiqués sans préparation qui peuvent être problématiques. Le vélo, la natation, la marche, le golf sont excellents pour les genoux.

La douleur disparaîtra-t-elle d’elle-même ?

Cela dépend de la cause. Une tendinite légère ou un syndrome rotulien peuvent s’améliorer spontanément avec du repos. En revanche, une arthrose, une lésion méniscale ou une tendinopathie chronique nécessitent généralement une prise en charge médicale. Si la douleur persiste plus de 4 semaines, consultez.

Faut-il faire une IRM systématiquement ?

Non, l’IRM n’est pas systématique. Pour les douleurs typiques d’arthrose chez un patient de plus de 50 ans, les radiographies suffisent souvent. L’IRM est indiquée en cas de suspicion de lésion méniscale, ligamentaire, ou de pathologie inflammatoire/tumorale. La décision se prend en consultation.

Quand faut-il envisager une prothèse de genou ?

La prothèse totale du genou est envisagée quand : (1) l’arthrose est avancée radiologiquement, (2) le traitement médical bien conduit (kinésithérapie, antalgiques, infiltrations) est en échec, (3) la qualité de vie est nettement altérée (marche limitée, douleurs nocturnes, gêne quotidienne). L’âge moyen d’une PTG est 65-75 ans.


Conclusion

La douleur du genou en montant les escaliers a des causes multiples. La bonne nouvelle est qu’un diagnostic précis permet presque toujours une prise en charge efficace, qu’elle soit médicale ou chirurgicale.

Si vos douleurs persistent au-delà de 4 à 6 semaines malgré le repos et les antalgiques simples, n’attendez pas. Un avis spécialisé permet d’identifier la cause et d’éviter une aggravation.

Le Dr Moussadjy consulte à la Clinique Saint-Faron (Mareuil-lès-Meaux, 77) et à la Clinique Paris-Lilas (Les Lilas, 93). Il dispose d’un service d’urgences LCA dédié 7j/7 via WhatsApp au 07 49 06 91 52 pour tout traumatisme sportif récent du genou.

Pour prendre rendez-vous : Doctolib ou par téléphone au 01 82 22 84 86.


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